Théo m'a Lu Anne !

22 février 2019

IEF / Etude fondamentale sur l'école à la maison

En France, aucune étude fondamentale n'a jamais été effectuée sur l'école à la maison. Aucune comparaison non plus avec l'école traditionnelle. Alors tous les "antis" y vont de leurs arguments le plus souvents subjectifs puisque rien ne peut les étayer.

Le problème est identique pour nous homeschoolers. Je lis souvent que des parents-instructeurs perdent un temps et une énergie considérables à se justifier auprès de leurs proches, de leurs amis ou des institutions... Je pense avec le recul qu'il existe une vraie différence de point de vue entre les familles scolarisantes et non-scolarisantes. Lorsqu'il y a débat sur le maintien "légal" de l'école à la maison en France, nous sommes peu soutenus. Je crois qu'on peut parler de scission !

Alors chacun peut avoir son point de vue. Bien que j'ai souvent constaté qu'à la question "Pourquoi scolarisez-vous vos enfants ?", les réponses ne fusent pas d'emblée. Alors que si l'on demande à l'inverse "Pourquoi avez-vous fait le choix de ne pas scolariser vos enfants ?", les arguments coulent de source. Parce que c'est toujours un choix mûrement réfléchi de proposer à ses enfants une autre alternative. Viennent ensuite le désir d'avoir un solide projet familial, des liens resserés et de veiller aux particularités de chacun.

Je ne connais aucune famille ayant fait l'IEF qui regrette ce choix. Je dis bien : PAS UNE !

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Que les enfants aient fait toute leur "scolarité" à la maison ou aient été rescolarisés par la suite (le plus souvent à partir du lycée), aucune ne m'a jamais dit "j'aurais dû faire un autre choix". Je note aussi chez ses familles des liens familiaux très forts, des choix de vie atypiques aussi chez les enfants devenus adultes. Moins de conformisme dans les projets de vie, on va dire.

Nous sommes un petit cercle de familles qui correspondent toujours même si nos enfants sont tous adultes aujourd'hui. Et je note que c'est toujours la même satisfaction d'avoir assumé un choix qui est très loin de faire l'unanimité en France. Comme une évidence...

Le non-scolarisation est ménacée en France, un projet de loi est en train de la mettre à mal. Même si la Convention européenne protège encore cette liberté fondamentale en matière de choix éducatif, le gouvernement français actuel est en train de tailler en pièces le petit reste de cette liberté. C'est navrant et c'est injuste au regard de ce qui est proposé dans le système traditionnel qui est très loin de donner sa chance à tous. Que ce soit l'enquête PISA ou PIRLS ou TIMMS.., le niveau scolaire reste médiocre dans notre pays. Cinq enquêtes sont analysées . Certes elles datent de 2017 mais les résultats ne sont guère meilleurs pour 2019 (La France se classe au 26e rang sur 70 pays alors qu'elle était 25e en 2012. Etude PISA). 

Je désespère de pouvoir participer puis consulter un jour une vraie enquête objective sur l'école à la maison. Néanmoins, j'en ai trouvé une, américaine celle-ci. C'est vrai, elle date un peu mais ce qu'elle contient est intéressant tout de même. 

Quelques morceaux choisis pour vous donner envie d'aller plus loin :

- "L'école à la maison fait partie intégrante d'un vaste mouvement vers une liberté de choix éducatif. Il y a cependant, des raisons de considérer l'école à la maison comme ayant sa propre identité. Elle mérite étude et considération, comme étant la plus privée des écoles privées".

- "L'école à la maison est un effort dirigé vers la sauvegarde des valeurs, ce qui, autrefois, était la mission commune de la famille et de l'école. L'éducation à la maison constitue le rejet de la tendance au collectivisme presque total dans l'éducation, et le refus de l'abaissement du niveau scolaire des enfants. C'est une réaction contre le déclin et la dépersonnalisation de la scolarité. C'est un témoignage de foi en la famille, foi perdue depuis trop longtemps."

- "Ma ferme conclusion est qu'il est grand temps pour les citoyens d'une façon générale, et pour les éducateurs en particulier, de reconnaître et de respecter l'instruction familiale pour ce qu'elle est et pour ce qu'elle accomplit. Trop souvent les critiques intransigeantes envers l'école à la maison viennent de personnes ignorantes à cet égard."

- " Un point doit être clairement posé : une école à la maison est avant tout un foyer ; la première exigence pour une réussite de l'école à la maison, est une vie de famille réussie."

Les questions suivantes sont posées :

1) Les enfants sont-ils convenablement instruits par l'école à la maison ? Evaluations au menu et chiffres.

2) Des parents "ordinaires" sont-ils qualifiés pour enseigner ?

3) La socialisation des enfants est-elle pénalisée par l'ecole à la maison ?

4) Les enfants de l'école à la maison sont-ils préparés pour l'Université ?

5) A quoi ressemble réellement l'école à la maison ?

6) Pourquoi l'éducation familiale est-elle devenue une nécessité ?

7) Conclusion de l'auteur : "L'éducation familiale n'est pas une fantaisie passagère. Ceux qui, comme nous-mêmes, sont impliqués dans l'éducation professionnelle savent depuis longtemps que l'influence la plus puissante sur les bons résultats scolaires des enfants est l'implication des parents. Ce facteur culmine dans l'école à la maison. Au fur et à mesure que nos écoles sont devenues de plus en plus massives, technologiques, impersonnelles, antisociales, amorales et collectivisées, les éducateurs ont peut-être besoin d'un laboratoire plus simple, plus naturel et plus humain, leur permettant d'explorer les éléments fondamentaux de la vie et de l'apprentissage. J'en viens à suggérer que ces éléments de base sont tous présents ici, et se développent d'une façon unique dans le cadre privé, simple et normal de l'école au foyer."

L'article est ici !

L'auteur, Samuel Peavey, médiateur entre éducation privée et Ecole de formation de l'Université de Louisville  prévient :"Je ne suis pas un promoteur de l'école à la maison en tant que tel. Je suis un promoteur du libre choix entre plusieurs possibilités."

Bonne lecture.

LaMaman

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IEF / Réviser l'Histoire-Géo pour le bac !

Je viens de tomber sur un très bon article dans le journal LeMonde dans lequel un professeur d'histoire-géographie donne des pistes pour réviser "intelligent" tout en se distrayant.

Comment ? En regardant films et documentaires.

Liste très éclectique avec des courts et longs métrages mais également de bons vieux standards pour se détendre. Il est même conseillé de voir ou revoir Papy fait de la résistance ou encore la bonne vieille Grandre vadrouille

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Plus sérieux, il propose Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophüls, l'incontournable Shoah de Claude Lanzmann, Les trois jours du Condor (1975) de Sidney Pollack, Good By, Lenin ! (2003) ou La Vie des autres (2007)...

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Ces références sont classées pour chacun des chapitres contenus dans le programme de Terminale.

Bien plus encore dans l'article qui est !

Et j'ajoute :

  

A se procurer ici !

Bon courage. 

LaMaman

21 février 2019

Autisme - Comportement / On met des panneaux partout !

Je vous ai déjà parlé de la conception toute personnelle et donc autistique que se faisait Théophile de la propriété privée. C'était ici et   !

On s'évertue encore aujourd'hui à lui expliquer qu'il ne faut pas qu'il s'arc-boute sur l'idée que tout le monde veut entrer chez lui ou sur "son " terrain. Symboliquement, je pense que pour lui, c'est le fait même de l'intrusion qui le gêne. Comme le simple fait qu'un inconnu puisse s'adresser à lui "par surprise". C'est à peu près équivalent émotionnellement.

Pour ceux qui connaissent un peu la région, il existe ici une course de ski de fond annuelle (qui fêtait ses 40 ans cette année ; c'est la seule course française qui fait partie du circuit de la Coupe du Monde longue distance). On l'appelle la "Transjurassienne". Elle se déroule sur deux jours avec plusieurs distances et plusieurs "styles". La plus longue est de 68 km. C'était donc la 40e édition et Théophile s'est régalé à regarder les (4500) fondeurs passer devant chez lui malgré le vent et la pluie. LePapa l'a courue plusieurs fois dans sa jeunesse, Théophile est très fier de ça !

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Oui mais...4500 fondeurs lancés sur les pistes qui passent devant votre maison, ça déplace les foules ! Et tout le monde se gare où il peut. Le risque, c'est que vous-même ne puissiez plus vous garer devant chez vous ou même rentrer chez vous. C'était un vrai problème pour Théophile et encore une fois, il a fallu dégainer la grosse artillerie. (Cela dit ici, tout est toujours parfaitement organisé. Pas de bouchons. Gendarmes postés en faction pour éviter le stationnement "sauvage", sens unique de circulation...rien ne gênait vraiment du coup).

Cela dit, on s'était déjà un peu équipé pour "La fête de la neige" de ce début de mois (beaucoup de monde aussi pour s'initier au ski de fond, biathlon, ski alpin, raquettes et autres pratiques). Donc, en préventif, petite visite indispensable chez le MonsieurQuiBricole du coin. La première idée, c'est de trouver juste un panneau qui indique :

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Simple à première vue. Mais le MonsieurQuiBricole n'en a plus (forcément). Il attaque avec un petit sourire narquois :"Ah, ah, on est envahi par les touristes ???". Oui, ici, c'est un problème mais à la fois, ça fait quand même un peu vivre la région. Il me présente celui-ci :

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On échappe au très dissuasif  "Défense d'entrer". Je tente un : "Ca ne fait pas tout de même un peu trop...?". "Nooooon", rétorque-t-il. Il faut au moins ça". Il s'agit de faire comprendre au touriste qu'on est avant tout chez nous, si je comprends bien. Je prends. Théophle va être ravi. Ne restera plus qu'à trouver une chaine et deux piquets (c'est temporaire !). Mais non, Théophile n'est pas content ! On est en hiver : le touriste ne traverse pas "son" terrain à cette période de l'année. Ce qu'il faut, c'est un panneau "interdiction de stationner". On lui a alors proposé de l'accrocher dans sa chambre (c'est très ado ça) mais ça ne l'a pas fait rire du tout. Placard donc...

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Avec la Transjurassienne, on s'attaquait à un gros morceau et l'idée même qu'une voiture puisse se garer devant la maison lui était insupportable. Alors re-visite chez le MonsieurQui bricole du coin. Là, j'en ai trouvé un, exactement celui qu'il fallait. On l'a planté sur un piquet et loustic était content comme ça. Sauf que là, la présence du panneau ne se justifiait pas vraiment puisque sur les bas-côtés de la maison, il y avait bien 1m de neige et que donc...personne ne pouvait se garer ! On l'a laissé quand même. 

Bref, on va aussi le laisser une fois la neige fondue et on va même ajouter "Propriété privée" (puisqu'on a déjà le panneau !) ce printemps au bout du terrain. Comme ça, il va peut-être arrêter de nous harceler avec tout ça. Peut-être même qu'on pourrait prévoir celui-ci :

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Après il y a celui-ci aussi (un classique ici) :

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On a encore pas mal de possibilités, vous voyez. Si vous passez par ici et que vous apercevez une maison constellée de panneaux, c'est juste chez nous !

A bientôt. 

LaMaman 

 

18 février 2019

Lecture / Ombres sur l'Hudson d'Isaac Bashevis Singer

Les commentaires ne sont pas ouverts pour ce billet.

Ce n'est certainement pas pour rien que je vous parle aujourd'hui de cet ouvrage. Les événements de ce weekend en même temps que les relents antisémites qui se sont installés ces dernières années en France m'encourage à vous parler de cet auteur juif d'écriture Yidddish.

Isaac Bashevis Singer (1902-1991), prix Nobel 1978, est un écrivain juif polonais naturalisé américain. II a reçu le prix Nobel en 1978 "pour son art de conteur enthousiaste qui prend racine dans la culture et les traditions judéo-polonaises et ressuscite l'universalité de la condition humaine"(*). Auteur de nombreux romans, de nouvelles et de livres pour enfants, il est un admirateur de Tolstoï, Maupassant ou encore Flaubert. Si nombre de ses premiers romans et ses nouvelles invitent volontiers la satire ou le surnaturel, il glisse ensuite "vers une réflexion littéraire sur la notion de spiritualité et d'identité, faisant de l'individu juif un être en proie aux doutes, déchiré entre le respect de ses traditions et la volonté d'assouvir ses passions dans une société où il cherche à s'imposer sans jamais trouver sa place"(*). C'est tout le propos d'"Ombres sur l'Hudson"...

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Alors non, l'histoire conté dans ce livre n'est pas pesante. Singer possède un style très agréable et sous sa plume, les personnages sont attachants et d'une profondeur que l'on rencontre trop rarement. 

L'intérêt de ce livre tient en ce que l'auteur étudie les états d'âme de la diaspora juive installée à New York pour fuir le nazisme. On est quelques années après la fin de la Seconde guerre mondiale, le groupe qui s'est créé autour du vieux Boris Makaver tente de panser les plaies de Holocauste. Ces survivants de l'horreur oscillent entre envie de renouer avec la vie et culpabilité de ne pas avoir pu sauver leur proches des chambres à gaz. La perte, l'absence, les souvenirs, tout les hante. Alors sur fond d'adultère raté, chaque personnage montre ses blessures, ses failles, ses renoncements, ses espoirs aussi sans jamais parvenir tout à fait au bonheur tant espéré. Singer fait dire à ses personnages "qu'un juif sans religion n'est pas un juif". Cet ouvrage a le mérite de poser cette question essentielle de la croyance chez un peuple que l'on a voulu anéantir. 

Les personnages sont véritablement des "rescapés" emplis de culpabilité, de doutes. Leur interrogation sur un Dieu de miséricorde qui pourtant les a abandonnés reste l'idée centrale de ce long roman. L'analyse des différents régimes totalitaires de l'époque qui n'ont pas hésité à exterminer des millions de juifs est très éclairante à ce sujet ; les manuels d'histoire ont toujours trop tendance à ne parler que de l'Allemagne nazie, pourtant, nombre de pays européens y sont allés de leur progrom également. N'oublions pas non plus l'épisode du Saint-Louis en 1939. Tout le monde a mis sa pierre à l'édifice de l'extermination des Juifs. 

Alors depuis ces événements qui certes sont lointains, la montée détestable de l'antisémitisme en France est à endiguer rapidement. Il est toujours triste de constater que l'Histoire se répète encore et toujours. Peut-être la seule vigilance n'est plus suffisante, l'excuse de la stupidité non plus. Quant à l'explication de texte, elle montre ses limites. Il est temps que nos politiques s'emparent de ces dérapages permanents qui vont de l'insulte fondée sur des péjugés en allant jusqu'au crime. Il serait bon et urgent que cela cesse. 

A ce titre, une intervention tout à fait intéressante du chanteur Michel Jonasz est à réécouter ici. En quelques mots, ses propos sont les suivants : "Notre révolte doit s'incarner en actes. L'indignation ne suffit plus", affirme-t-il avant de lancer un appel aux parents pour qu'ils transmettent à leurs enfants "ce sentiment qu'on appartient à une famille humaine". 

Bonne lecture.

LaMaman

Posté par Theomaluanne à 12:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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11 février 2019

Autisme - Comportement / Petite visite en mairie...

Il a 16 ans, les choses sérieuses commencent : recensement, carte vitale, carte mobilité inclusion, carte d'identité (non obligatoire mais bien pratique et puis pendant qu'on y est...).

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On commence par cette dernière. Pré-demande en ligne, prise de RDV avec les services de la mairie (dans la plus grosse ville du coin, un peu moins de 5 000 habitants !). On arrive en avance (avec l'autiste, c'est préférable), on s'assoit...je n'ai pas précisé d'emblée que Théophile était autiste, on verra par la suite si c'est nécessaire. On va le laisser se débrouiller un peu. Il a apporté tous les formulaires, justificatifs et sa photo. Il s'est entrainé à signer à la maison. Bref, il est prêt ! C'est vrai, il est un peu raide sur sa chaise mais globalement, ça va. Il faut dire qu'il n'y a pas grand monde et que la dame qui s'occupe de nous est plutôt avenante.

Vérification de tous les documents et enfin prise des empreintes. Il pose ses doigts puis immédiatement les visualise sur l'écran d'ordinateur. Et là, la dame lui sort un :"Ah bah, ce sont des empreintes d'adolescent qui ne fait pas souvent la vaisselle !". Drôle, très drôle mais totalement incompréhensible pour lui... Je le vois réfléchir tout en fixant l'écran et pour faire diversion, je lance un : "Et ça ressemble à quoi les empreintes de ceux qui font la vaisselle ?" 

Là, elle me jette un regard de connivence puis m'explique que c'est une blague qu'ils font aux jeunes. Parce que nous on sait tous que nos empreintes s'altèrent avec le temps. L'usure quoi...

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Pour connaître la réponse à cette question, cliquez ici !

Enfin tout est enregistré, il est déçu de ne pas avoir à signer sur le formulaire (pour les mineurs, seule la signature du représentant légal qui a fait la demande de CNI est nécessaire). L'employée de mairie a scanné la photo d'identité de Théophile qui sur l'écran apparaît avec toutes les informations le concernant. Puis elle lui demande :" Tu te reconnais ?". Ce qui en langage non-autiste veut dire :"Est-ce que tout est exact ?". Elle demande en fait à ce qu'il vérifie les informations sur l'écran avant de valider définitivement le dossier. Et ce qui en langage austiste ne veut strictement rien dire ! Il a longtemps regardé l'écran et j'ai vraiment pensé à ce moment qu'il découvrait qui il était... Mais non, en réalité, il n'a pas compris la question. Pourquoi devrait-il se reconnaitre, tout le monde pouvait se rendre compte que c'était bien lui d'autant qu'il était allé lui-même faire sa série de Photomaton. Il a adoré la cabine avec plein d'options sur l'écran. Il a moins apprécié la lumière criarde. Et la pression a carrément augmenté quand il s'est aperçu que l'option carte bleue ne fonctionnait pas. Il a fallu faire de la monnaie, il a détesté le grain de sable dans le mécanisme presque parfait de la dite machine.

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Bon revenons à la mairie où encore une fois, j'ai dû traduire la bonne blague tout en second degré de la dame. A ce moment précis, je crois sans me tromper qu'elle a pensé que Théophile n'avait pas la lumière à tous les étages. Et pourtant, si elle savait... Du coup, elle nous a expliqué en long, en large et en travers que nous recevrions un sms d'ici une dizaine de jours afin de nous demander de venir retirer la précieuse carte à son bureau. "Si vous ne recevez pas de sms, passez un petit coup de fil..., etc, etc".

Bon, tout a roulé, on va dire. On a fait un petit debriefing dans la voiture dans le genre "Ah ouais, ça voulait dire ça ?". 

Je préciserai à la dame que Théophile est autiste et je la remercierai de sa patience lorsque nous retournerons récupérer la carte. 

Ce genre de choses arrivent régulièrement et elles démontrent à quel point l'accompagnement des autistes est essentiel. Non pas qu'ils soient complètement dépendants mais simplement leur langage et leur compréhension sont très différents des nôtres. Sur ce point, Théophile a fait beaucoup de progrès, a appris des tas d'expressions et est capable de les utiliser. Mais immanquablement, une nouvelle (et donc inconnue pour lui) se glisse dans la conversation et patatra, il en perd le fil. Ce n'est pas grave tant qu'il est accompagné mais...ça reste une difficulté, un handicap certain.

Donc les non-autsites doivent y penser lorsqu'ils conversent avec un autiste. L'orthophoniste de Théophile disait ce matin : "Il faut simplement penser à penser autiste quand on leur parle". Manque de logique, raisonnement faussé, à peine l'accès au second degré, la conversation est souvent un problème. J'ai parfois l'impression quand je l'accompagne d'être une sorte de "traductrice". Chaque fois, je comprends pourquoi le stress leur vient si facilement. Pas simple de vivre dans un monde qui n'est pas adapté, pas pensé pour eux.  

Bon là, c'est vrai, la dame ne savait pas. Nous allons réparer cela dans dix jours !

A bientôt.

LaMaman