Théo m'a Lu Anne !

14 juin 2019

Autisme - Comportement / Une bien jolie histoire !

Quelques nouvelles...

Théophile a dû se plier à de nombreux bilans en vue du renouvellement de son dossier MDPH. Déjà ?... me direz-vous. Et oui, le bras de fer redémarre, nous entrons de nouveau en période de hautes turbulences. Mais ne présageons de rien, nous pouvons avoir, au final, une bonne surprise !

D'ailleurs en parlant de bonne surprise, il en a eu une il n'y a pas très longtemps alors on va se concentrer sur cette jolie histoire.

L'hiver est terminé (dur, long encore ici mais bien moins pénible que le premier...l'habitude, les bons réflexes, le coup de mains discret et gentil des voisins sans doute) et donc on peut sortir de notre triade "feu de cheminée en continu / livre (interminable de préférence) / thé bien chaud".

Alors maintenant que les températures sont "acceptables" (quand vous cuisez à 30°, chez nous, il fait un petit 22°- 24°), on s'est souvenu que ce musée nous faisait de l'oeil depuis notre arrivée dans la région. Un an et demi plus tard (j'ai presque honte...), nous nous y sommes enfin rendus en famille.

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Espace des mondes polaires - Prémanon (Haut-Jura)

Autrefois petit musée de rien (juste en face) qui faisait la part belle aux exploits polaires de Paul-Emile Victor, c'est désormais un complexe (musée - auditorium - restaurant - patinoire) de toute beauté qui cette fois nous martèle avec force supports que oui, le déréglement climatique est bien réel, tangible, pernicieux et qu'il n'est plus urgent d'attendre. Oh non alors...

Le lieu (ouvert en février 2017 et qui s'étend sur quelque 5 500m²) a été conçu par Stéphane Niveau, naturaliste polaire et directeur du complexe et Jean-Christophe Victor (fils de Paul). Si vous voulez lire un intéressant et joli article, hommage d'un fils à son père (qui lui disait en substance :"L'échec, c'est ce que tu n'essaies pas"...), lisez ceci.

Le musée est un espace aéré, blanc, très blanc, apaisant...ce qui aide bien à se rendre compte que les pôles nous parlent et qu'ils se fatiguent beaucoup à nous rendre la vie encore vi-va-ble et l'air encore à peu près res-pi-ra-ble ! Mais pour combien de temps ? 

Alors le thème, le discours, le décor... ? Tout était fait pour Théophile. Il s'y est senti à l'aise, très à l'aise si ce n'est que nous avions choisi par le plus grand des hasards le jour même où le directeur du musée convolait en justes noces. Jolie mariée aux pieds nus - pour ne pas faire de bruit ou de traces de talons sur le sol tout blanc sans doute - et discrète couronne de fleurs dans les cheveux. Charmante apparition dans ce décor immaculé. Allez, petite chanson(*) pour les mariés). Et il était assurément le mieux à même de faire visiter les lieux à ses invités. Excellente idée au deumeurant mais... Aïe ! Pas bon pour un autiste tout ça (lisez ceci, dans un tout autre environnement mais bon, ça peut donner des idées à certains !)

On a donc pris un peu d'avance sur la foule et on a entamé la visite fissa. Bon, rien que Théophile ne sache déjà, c'est un thème qu'il affectionne, les changements climatiques, on les vit ici au quotidien, il n'y a qu'à écouter les "anciens" du coin. La montagne a bien changé, très vite, trop vite et ça les inquiète même pas mal. Alors leur ressenti à ces anciens, il est là, explicité dans des vidéos, sur d'immenses panneaux tout à fait éloquents. On remerciera les concepteurs de ne pas hurler à la catastrophe mais bien plutôt de signifier l'urgence. C'est une bonne approche plus...pédagogique que sensationnelle. La visite est instructive et le message passe plus efficacement à mon sens.

Théophile lit tout, écoute tout, jongle pas mal pour éviter les groupes, prend tout en photo sur son téléphone (qu'il replace méthodiquement ensuite dans la poche intérieure de sa polaire. D'ailleurs chaque fois qu'il le sort, on a l'impression qu'il dégaine un flingue pour tout dire. Mais bon, c'est Théophile, sortir, remettre, re-sortir, re-remettre, c'est déjà tout un rituel. Et ses photos sont toutes superbes et avec des perspectives intéressantes).

Il est aux côtés de sa soeur aînée au moment où quelqu'un l'interpelle :"Eh, jeune..." Curieuse appellation. Théophile n'entend pas, le monsieur recommence puis pose la main sur l'épaule de Loustic. Il vaut mieux éviter ce genre de geste mais Théophile tétanisé, ne réagit pas (il a cru à un vigile ou à un guide du musée en fait, nous a-t-il avoué plus tard. Le fait que le monsieur en question ait au moins 70 ans ne lui a pas semblé bizarre. Un vigile de 70 ans...quand même...). Puis l'homme lui dit :" Donne moi ton appareil..." Curieuse demande, le mot "appareil" a quelque chose de désuet. Théophile s'exécute (ce qui a donné lieu à une petite discussion ensuite sur le fait de "donner" sans explication un objet qui lui appartient). Le monsieur alors plante notre Théophile devant ceci :

Résultat de recherche d'images pour "espace des mondes polaires ours polaire"

Croyez-moi, la bête est impressionnante ! 3m30 debout et elle peut courir à plus de 40km/h à pleine vitesse.  Bon là, l'ours en question est bien inoffensif mais il est l'attraction et la pièce maîtresse du musée si on se réfère aux commentaires des visiteurs :"Ah, je voyais pas ça si grand !", "J'aimerais pas me retrouver en face...", "Il ferait une belle carpette !", "Wouah, trop cool !"... Même s'il semble bien débonnaire là derrière sa vitrine (il donne même l'air de sourire), il a des griffes longues comme mes doigts.

Donc clic, la photo est dans "l'appareil". Le monsieur le lui rend et proclame très sérieusement: "Tu verras, le jeune, un jour, tu seras chez l'ours blanc". Théophile, souriant, lui a alors répondu :"Je l'espère !"  Le monsieur lui dépose de nouveau la main sur l'épaule, visiblement satisfait de la réponse puis disparaît. 

Et bien, vous ne pouvez pas savoir ce que peut produire un petit clic de rien. Nous n'avons plus vu le petit monsieur ensuite. Envolé ! Mais selon la description que m'en ont fait Théophile et sa soeur aînée présente, j'ai parfaitement reconnu le monsieur que j'ai écouté longtemps "raconter" les pôles à ses amis. Passionnant, enthousiasmant, captivant.

Alors pourquoi a-t-il choisi Théophile ? Nous ne le saurons jamais. Mais que ce monsieur soit vivement remercié ici. Théophile a raconté son histoire à tout son entourage, aux professionnels qui le suivent... Il a même appelé son Asperger de soeur pour lui demander s'il lui serait possible de l'accompagner dans ses futurs voyages. Ce à quoi elle a répondu que peut-être d'ici-là, les pôles ne seront plus que souvenirs (ne riez pas, elle n'est pas loin de la réalité, les pôles jouent le rôle de régulateurs thermiques, s'ils ont chaud, vous, vous rôtissez...vous êtes prévenus).

Il est donc sur son petit nuage et si certains grâce à une rencontre fortuite mais mémorable trouvent leur voie, tout autiste qu'il est, Théophile a pris cette phrase à la lettre et nous, nous trouvons que quels que soient ses choix à venir, ça restera une bien jolie histoire. 

Alors si un jour dans 10 ou 20 ans, on vous parle d'un homme qui murmure à l'oreille des ours polaires (s'il en reste), peut-être que vous vous direz : " Mais attends...je le connais celui-là... Oui, c'est ça... C'est Théophile !!!" 

Bonne journée.
LaMaman

PS : Théophile a toujours pour projet de devenir paléontologue. Nous en sommes à préparer les aménagements pour le bac. Il travaille dur et il adore ses cours (bien formels, ça lui convient). Ses derniers bilans lui laissent entrevoir des possibilités certaines. De plus, il se plait ici. Il est chez lui dans "ses" montagnes. Il y trouve beaucoup d'apaisement et il répète à l'envi que "c'est beau"... Alors on continue et on ne change rien (ou presque) pour le moment.

(*) C'est une chanson que j'entends tous les mardis dans la salle d'attente du cabinet d'orthophonie (vous savez, les bandes-son qui tournent en boucle et vous empêchent de lire) alors j'ai juste trouvé qu'elle était de circonstance. Joli texte quand même...


25 avril 2019

Autisme - Apprentissage / Imagination : on a peut-être trouvé la solution...

Ce billet fait suite à celui-ci.

J'ai expliqué, ré-expliqué à notre autiste ce que pouvait être l'imagination mais j'ai bien vu que je n'atteignais pas mon but. Entretemps, le fameux "devoir" est revenu... Ô rage, Ô désespoir !

Remercions le professeur qui a eu la gentillesse d'attribuer à Théophile une note "provisoire" et de lui proposer un changement de consigne. Il est donc parti de : "Rédigez un texte d'un trentaine de lignes dans lequel vous évoquerez un événement de votre petite enfance qui vous a laissé un souvenir bon ou mauvais. Au travers de votre récit, on devra pouvoir discerner les différents sentiments qui vous avez éprouvés lors de cet événement et ceux que vous éprouvez encore aujourd'hui" ... pour aboutir à : "Racontez un après-midi de jeu ou de détente avec des garçons ou filles de votre âge. Vous utiliserez la première personne du singulier."

La nouvelle consigne est sympathique mais pour lui, ça ne change pas grand chose à la difficulté. Il lui est impossible de trouver des idées, des mots... Je lui suggère de parler de ses camarades d'EHS mais c'est déjà lointain et les jeunes de son âge, ce n'est pas trop sa tasse de thé. Je lui explique que peu importe : il n'a qu'à in-ven-ter !!! C'est encore non. De toute évidence, pour lui inventer, c'est un peu comme mentir. Le devoir est donc de nouveau en "stand by". 

Je ne fais pas de forcing sur cet exercice mais je le sens ennuyé de ne pas pouvoir (s'autoriser ?) à le faire. Du coup, je réfléchis au moyen d'assouplir son point de vue. Quant tout à coup...dans un moment de "glandouille" comme on les aime, quand on pianote sur le clavier d'ordinateur sans trop savoir ce qu'on cherche, le hasard me propose un film. Je commence à le regarder seule puis j'invite LePapa. Et là, nous sentons que ce film pourrait peut-être nous aider...

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Le synopsis est le suivant : "Depuis la mort de sa femme, Monte Wildhorn, un écrivain spécialisé dans les westerns, noie son chagrin dans l'alcool et la solitude. Son neveu s'inquiète de son état, et le pousse à partir en vacances d'été dans une petite ville paisible, au bord d'un lac. Le vieil écrivain s'installe dans un chalet où il commence à s'ennuyer ferme, sans inspiration. Mais il fait rapidement la connaissance de ses voisines, une mère célibataire et ses petites filles."

C'est assez réducteur. Le thème central est avant tout la rencontre entre ce vieil écrivain ronchon et une gamine qui n'a pas froid aux yeux et dont le rêve est d'écrire. Alors...c'est quoi écrire, inventer, imaginer ? C'est tout ça que Monte va lui apprendre pas à pas...et en lui faisant surtout comprendre que "l'imagination est la force la plus puissante qui soit offerte à l'humanité". Après on écrit ce qu'on voit ou mieux encore ce qu'on ne voit pas. Et cela devient une force inépuisable. On peut s'inspirer de ses expériences de vie, c'est vrai mais on peut aussi créer des choses qui n'existent pas ou qu'on n'a pas soi-même vécues... Oui, on a le droit de faire ça ! Et en plus, le film aborde le thème de la différence avec beaucoup d'humour...

Théophile a beaucoup aimé le film (Morgan Freeman est épatant en écrivain bourru) et il a enfin compris ce qu'était inventer, imaginer, créer des personnages, des situations. Tout ne peut pas avoir déjà existé...et surtout, c'est PER-MIS !!!

Alors il va reprendre son exercice. Nous allons en modifier de nouveau un peu la consigne et nous verrons bien le résultat.

Nous vous proposons le film ici. Passez un bon moment en famille !

A bientôt.

LaMaman

26 mars 2019

Autisme - Apprentissages / Après deux mois de CPC...des nouvelles !

Déjà un peu plus de deux mois qu'il potasse ses cours et les retours sont encourageants. Les professeurs y vont de leurs conseils bienveillants et nous sommes globalement très satisfaits de la "maison" !

Néanmoins quand il a commencé à me dire :"J'ai plus le temps de lire !", je me suis étonnée qu'il ait mis autant de temps avant de s'en plaindre. Le fait est qu'avant, ses séances "lecture" étaient bien rythmées et bien calibrées. Il lisait entre telle heure et telle heure et tant de pages/jour. Routine, rituel...

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Puisque le nombre de devoirs à renvoyer est conséquent, il a dû limiter son nombre de pages à lire et là, ça a coincé. Hormis ce détail que nous avons depuis corrigé, il est plutôt content et motivé. Dans l'ensemble, je dois bien l'avouer, les cours sont bien faits : synthétiques et clairs. Les devoirs sont courts et les professeurs ont l'air de bien prendre en compte le handicap.

Alors on ne s'étonnera pas qu'en histoire-géo, en SVT (où l'on s'est aperçu qu'il avait tout de même une bonne capacité d'analyse dans ses domaines de prédilection, ça a été plutôt rassurant) et en maths, il se balade. Par contre, en français malgré ses nombreuses lectures, c'est plus problématique. Mais c'est assez spécifique à l'autisme. Pas d'inquiétude donc d'autant que les épreuves du bac français n'obligent aucunement à s'épancher (surtout depuis que l'écriture d'invention a été purement et simplement supprimée).

Donc j'explique sa difficulté avec un cas concret. 

Il lui a été proposé dans un devoir de se remémorer un souvenir de "sa petite enfance" et de faire état des sentiments qu'il a éprouvés à ce moment précis. Bien sûr, ceux et celles qui ont un enfant autiste sauront qu'un tel travail rélève souvent de l'utopie ! Alors ce qui est drôle, c'est qu'il est allé se renseigner sur Wikipédia pour déterminer ce qu'on entendait ordinairement par la "petite enfance". Wikipédia est clair : c'est avant six ans. Bon bah, il fera l'impasse sur l'exercice parce qu'avant ses six ans, point de souvenirs. Même après d'ailleurs ! Enfin pas ce genre de souvenirs...s'il garde intact les endroits, les faits, les noms des lieux ou des personnes, par contre, les sentiments qui devraient s'y rattacher sont inexistants. Il peut dire que c'était bien ou pas mais ça ne va guère plus loin.

Alors il a essayé, il s'est donné du mal mais non, rien n'est venu, on n'a pas avancé d'un poil. Au bout du compte, il a simplement déclaré : "Je ne ferai pas cet exercice", tout en me regardant d'un air interrogateur du type "j'ai le droit ou pas ?". J'ai commencé par lui proposer de modifier la consigne, on enlèverait la mention "durant votre petite enfance". Refus catégorique : la consigne, c'est la consigne. On aurait dit que c'était bien pire que de ne pas faire l'exercice du tout. Finalement le devoir n'est parti qu'avec le tout petit premier exo, le second est donc...une jolie page blanche. Sa décision n'a pas que des mauvais côtés : j'ai pu ainsi joindre à la copie un exposé circonstancié à l'intention de son professeur sur l'autisme et ses limites. Quant à la note, me direz-vous ? Bah, on s'en fiche !

Le devoir suivant traitait des systèmes de narration et du changement de point de vue dans un texte (interne, externe omniscient pour ceux qui ont déjà étudié ce point du programme). Le support en était deux excellentes nouvelles à chute...

La première a pour titre Iceberg (de Fred Kassak). Cliquez ici pour sa lecture. Le texte est écrit du point de vue de Bernard mais dans l'exercice, il s'agissait de le modifier et de réécrire le texte du point de vue d'Irène. Le texte en est donc profondément modifié et les sentiments des personnages sont bien sûr très différents. L'exercice est tout à fait intéressant mais loin d'être simple pour un autiste. Alors on l'a transformé en jeu : chacun écrivait sa version et on comparait. Il s'est alors rendu compte que les sentiments que l'on prêtait aux autres relevaient le plus souvent de notre propre imagination. Et que du coup, on peut inventer et donc créer. Alors je ne dirais pas que c'est devenu plus aisé ou plus naturel. Loin de là...mais si on lui rappelle avant que c'est avant tout une "invention", il peut arriver à "se lâcher"...un peu !

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La seconde nouvelle à chute s'intitule Quand Angèle fut seule (de Pascal Mérigeau). Cliquez là pour sa lecture.  Là, il s'agissait de trouver une ellipse et un retour en arrière. Pas de problème. L'exercice s'arrêtait là. Heureusement parce qu'expliquer l'impression que produisaient ces deux techniques d'écriture sur le texte a été beaucoup plus compliqué. On l'a fait à l'oral,...c'était bien suffisant.

Alors ces nouvelles sont tirées de ces deux recueils :

Nous continuerons probablement avec cet ouvrage qui compte une cinquantaine de nouvelles (même si elles ne sont pas toutes "à chute"), ça reste un "classique" :

Le décryptage des situations complexes reste un point à travailler. Une compréhension plus fine des sentiments reste essentielle. Il y travaille... 

Bonne lecture.

15 mars 2019

Autisme / A voir et à lire...

1) A voir sur ARTE en cliquant ici :

L'excellente vidéo "Une vie à contre-courant" sur l'exploit de Beth French, une britannique, nageuse marathonienne qui souffre d'un SFC (le syndrome de fatigue chronique). La nage lui a probablement sauvé la vie. Dans ce reportage, on la suit dans son défi fou de franchir sept détroits aux quatre coins du monde...à la nage bien entendu !

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Mais ce n'est pas tout. Elle emmène dans la plupart de ses voyages son fils Dylan, porteur d'un TSA. C'est aussi pour lui qu'elle a choisi d'accomplir cet exploit : pour lui montrer qu'aucun handicap ne doit l'empêcher de poursuivre ses rêves et de dépasser ses limites. 

La première partie de cette vidéo porte plutôt sur Beth et comment elle a elle-même choisi de faire un pied de nez à son handicap. La seconde partie est plutôt dédiée à la relation qu'elle entretient avec son fils et la manière dont elle l'accompagne en choisissant cette fois de lui faire vivre son aventure. La fin est bouleversante et j'aime le discours de Beth sur le fait que ce qui est intéressant n'est pas de réfléchir à ce qui peut nous faire avancer mais plutôt de tenter de découvrir ce qui nous freine et de nous en débarrasser. Au delà du résultat final du projet, on est interpellé par sa jolie philosophie sur l'exploit, la recherche de la performance...ou comment se rendre compte des choses vraiment importantes et ne pas oublier de cultiver son jardin ! 

Durée : 88 minutes  /  Disponible jusqu'au 11 avril 2019

2) A lire : Les fabuleuses aventures d'Aurore de Douglas Kennedy

Douglas Kennedy est un auteur à succès que l'on ne présente plus (donc je ne le présente pas).

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Là, il s'essaye à un tout autre genre en publiant un ouvrage jeunesse avec pour thème central, l'autisme. 

La présentation de l'éditeur dit ceci :

" J'ai demandé à Maman si c'était vrai que les autres avaient des problèmes à cause de moi. Elle m'a répondu :
– Ne laisse personne te dire ça, Aurore. Tu es comme ton prénom : un vrai soleil.
Aurore.
C'est moi ! "

Autiste, Aurore ne parle pas. Mais elle écrit sur sa tablette à la vitesse de la lumière. Et elle a un secret. Elle lit dans les yeux des autres : Maman, Pap', sa grande soeur Émilie, mais aussi Lucie, la meilleure amie d'Émilie, harcelée à l'école. Le jour où Lucie disparaît à Monster Land, le parc d'attractions, Aurore s'improvise détective...

Douglas Kennedy est venu présenter son livre dans Le Magazine de la santé de France5 de ce jour. La vidéo est  (placez le curseur à 13 minutes et 18 secondes précisément). Il connaît bien le sujet des TSA puisque son fils aîné, Max, est lui-même autiste. Il en parle d'ailleurs joliment aussi dans cet entretien.
Les fabuleuses aventures d'Aurore - Pocket Jeunesse -  208 pages  (Âge recommandé : 9 - 12 ans)
A bientôt. LaMaman

13 mars 2019

Autisme / Visite chez le médecin...

Trouver un médecin dans le secteur est très, très compliqué ici, je l'ai déjà dit. Même un médecin généraliste...

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Bref, on en a trouvé une aux confins du département (à 100m de chez elle, c'est la Suisse). Alors elle ne sera pas le médecin traîtant de Théophile parce qu'elle est total surbookée comme tous les généralistes du coin. Pas parce qu'on est davantage malade ici qu'ailleurs. Non, simplement parce qu'ils ne sont qu'une poignée de courageux à vouloir venir affronter le climat polaire, la neige et plus généralement, la vie dans ce "no man's land", comme aime à le rappeler l'orthophoniste de Théophile.

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Alors là, pas de gros bobo, juste un renouvellement et pas l'envie d'aller à Paris juste pour une ordonnance. Sympa, cool, la médecin. Ici, tout le monde est cool d'ailleurs (mais réservé). C'est je pense, l'avantage des régions "perdues" au milieu de rien (La France "du vide" comme dit Théophile). Moins de stress donc plus cool.

Le rendez-vous est pris sur le site internet du praticien en même temps que précisé(s) en quelques lignes le(les) motif(s) de la visite. J'avais pris soin donc d'avertir que Théophile était autiste. Cela donnait au médecin la possibilité et le temps d'adapter son comportement et son discours. En clair, on lui demandait de se montrer rassurante mais pas trop intrusive. Pas de questions trop personnelles et pas trop toucher non plus !

Alors la médecin est jeune et compétente et très homéopathie... Seul hic : les plus proches homéopathes officient à Annecy ou Besançon (3h de route aller-retour pour chacun). Ici, le seul homéopathe échoué dans cette contrée ne prend plus de nouveaux patients non plus. C'est pareil pour les orthophonistes, les dentistes, les ORL, etc. Heureusement que nous ne somme pas trop "doudouilles'.

A ce stade de la consultation, nous en arrivons au sujet de l'autisme qu'elle appelle de suite la "maladie". Je vais m'apercevoir qu'elle en a une définition et une conception très "universitaire". A la question : "Et comment son autisme se manifestait-il ? Il avait des crises ? Il tapait sur tout ?..." Euh...bah non ! Il ne parlait juste pas, ne comprenait rien de ce qu'on disait, avait juste l'air d'arriver d'une autre planète, ne nous appelait pas donc, ne s'apercevait pas que les autres existaient. Mais non...pas violents pour deux sous. Juste...pas là quoi. Elle trouve qu'il parle bien maintenant (C'est sûr, faut l'entendre avec son ton très docte, c'est à mourir de rire parfois). Je préviens qu'il n'est pas Asperger. Le mot n'a même pas l'air de l'interpeller. Alors tant que j'y suis, je précise qu'il y a derrière tout ça de l'orthophonie (6 ou 7 ans maintenant), un accompagnement à domicile, un suivi scolaire sur-mesure, un suivi psychologique et psychiatrique et une guidance parentale (sur une dizaine d'années). Je vois bien que pas la moitié des composantes de cette prise en charge globale ne lui est familière. Il y a encore du boulot pour que les médecins aient une perception un peu plus "actualisée" de l'autisme. 

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Bref, reparlons de l'eczéma qui rampe sur le bras de Théophile depuis plusieurs semaines. Je me fais la réflexion que c'est peut-être le premier autiste qu'elle rencontre ici (elle est jeune). L'orthophoniste avec laquelle Théo travaille depuis presque deux maintenant a accepté de le prendre parce qu'elle aime travailler avec des autistes. Il a eu de la chance...

Donc pour l'eczéma de Théophile, la médecin pense que l'autisme et le niveau de stress qu'il engendre pourraient en être la cause (sûr, j'aurais pu le trouver toute seule). Le seul contre-argument à ça est que Théophile est bien moins stressé ici (y a personne, cool pour lui !) qu'il ne l'était avant et son eczéma n'était pourtant plus apparu depuis au moins cinq années. Bref...il est presque midi, il a faim...on abrège.

Chez les généralistes, oui, l'autisme, on connaît mais on en a encore une vision très archaïque, imparfaite, partielle... Elle n'a juste pas l'air surprise que les prises en charge aient lieu encore à Paris. Et pour cause... De même qu'à la question :"As-tu des projets pour ton avenir ?", elle s'est enthousiasmée avec cette réplique : "Oui et puis après tes études, tu iras travailler !" Quand je l'ai informée que seuls 10 à 20% des autistes étaient "intégrés" dans le milieu professionnel, j'ai senti que c'était une vraie nouvelle pour elle. Et je n'ai pas précisé que dans la très grande majorité des cas, il s'agissait d'autistes Asperger pour lesquels l'expérience du milieu du travail n'était pas toujours une sinécure, loin s'en faut. 

Alors finalement j'envisage de faire le tour des généralistes du coin (au hasard des petits bobos de Théophile), enfin ceux qui voudront bien nous donner un rendez-vous. Je pourrais ainsi mieux me rendre compte de "l'état des connaissances" des praticiens en matière d'autisme. L'enquête "incognito" pourrait être drôle et riche d'enseignements à la fois.

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Sinon Théophile n'en a rien pensé, il était simplement content d'avoir une ordonnance pour pouvoir se débarrasser de son eczéma. C'est tout bon alors.

Ah si...il a juste tilté sur d'immenses banderoles plaquées sur la façade d'une maison en face du cabinet médical et qui disaient : "Non à l'installation d'éoliennes...Protégeons nos beaux paysages !". Projet d'éoliennes en haut de la montagne. Pourquoi pas ? Sauf que c'est un projet suisse. Conflit entre les deux régions depuis plusieurs années. Pas simple d'avoir à partager la montagne... (c'est une affaire qui a débuté en 2015, cliquez pour en savoir un peu plus). 

Bonne lecture.

LaMaman