Théo m'a Lu Anne !

13 avril 2017

IEF : Aide à la lecture (1)

Dans sa journée surbookée, Théophile a prévu une très loooonnnngue pause lecture incontournable durant laquelle il n'est là pour personne. En règle générale, il choisit ses lectures et il a plutôt bon goût !

Mais là, je lui en ai proposé plusieurs qu'il a lues avec attention. Mais il manquait un petit quelque chose autour des livres. Alors j'ai eu l'idée d'une sorte "d'aide à la lecture" un peu ludique (enfin pas trop quand même, il a 14 ans maintenant et les supports doivent devenir "sérieux", il n'est plus un "bébé", a-t-il précisé !).

J'ai lu et aimé ces ouvrages et j'ai voulu les lui faire partager :

    

L'auteur est un personnage énigmatique. Amie de Truman Capote depuis son enfance (c'était son voisin dans l'Alabama où elle a toujours résidé), c'est lui qui va l'encourager à écrire. Elle aurait écrit le second ouvrage (Va et poste une sentinelle) en 1955 avant le premier Ne tirez pas sur l'Oiseau moqueur (titre original : To kill a Mockingbird). Ce qui me semble étrange tant la compréhension du second m'aurait été impossible sas avoir préalablement lu le premier publié en 1960 (Prix Pulitzer 1961).

Harper Lee n'a rien publié d'autre et Va et poste une sentinelle a été édité l'an passé quelques mois avant son décès. On la soupçonne quand même durant 55 ans d'avoir écrit sous des pseudos mais rien n'est avéré. Elle a vécu dans son Alabama natal sans faire de vagues et dans le plus grand secret.

De quoi est-il donc question dans ce livre, adapté au cinéma dès 1962 sous le titre Du silence et des ombres avec dans le rôle d'Atticus Fisher, Gregory Peck? Petite précision: Barack Obama a cité le personnage d'Atticus dans son discours d'adieu à la Maison Blanche début 2017. Cet ouvrage est étudié dans quasi tous les collèges et lycées américains, il est considéré comme un livre culte de la littérature américaine et à ce jour, il s'en est écoulé 40 000 000 d'exemplaires dans le monde. Juste pour situer l'ampleur du phénomème Harper Lee...

Il parle donc de Scout (de son vrai prénom: Jean-Louise) : une gamine d'à peine dix ans qui vit avec son père, veuf, et son frère Jem de quelques années plus âgé. Sans oublier Petunia, la bonne noire, maman de substition en quelque sorte.

Nous sommes en pleine ségrétation raciale aux USA, très codifiée et symbole d'une amérique repliée sur elle-même qui prône la suprématie blanche au nom d'un verset de la Bible et d'études anthropologiques hasardeuses datant du XIXe siècle ! Atticus Finch le père de Scout et de Jem est avocat, il se retrouve à défendre la cause d'un homme noir accusé à tort de viol. On s'en doute, cet homme est noir donc...coupable. On assiste alors au procès mais pas que...Harper Lee évoque aussi l'agitation intérieure d'une enfant partagée entre un cruel sentiment d'injustice (leur père les élève dans le respect de l'autre même - et surtout - s'il s'agit d'une personne de couleur) et l'envie de mener une vie normale d'enfant de son âge avec ses amis quelle que soit leur couleur.

C'est ici la possibilité de lire une hstoire agréable et instructive à la fois. Pourquoi s'en priver ?

Il m'a paru intéressant d'aller plus avant dans l'étude de cette période de l'histoire des Etats-Unis et j'ai donc proposé des supports-mémo à Théophile qui les a lus avant d'entamer la lecture du livre. Les voici donc:

Vue d'ensemble (Cliquez sur les mots soulignés pour accéder aux fichiers - non protégés, merci de nous citer si vous les diffusez):

un fascicule (25 pages - Format A5)

un questionnaire QCM (58 questions)

- 71 fiches questions / 71 fiches réponses (Planche 1 -  Planche 2 - Planche 3 - Planche 4)

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Je ne vais pas donner le second tome à lire à Théophile dans l'immédiat. Il aborde plus spécifiquement le thème du Mouvement des droits civiques dans toute sa complexité, je vais donc attendre (même si les fiches questions/réponses évoque cette période). Scout a 28 ans dans ce livre et revient "au village" pour se rendre compte que même son père défend (en apparence) l'idée de la ségrégation au nom d'un principe qu'il théorise tout au long de l'ouvrage. Trop compliqué pour le moment pour Théophile.

Prochain dossier: Les raisins de la colère de John Steinbeck...

Bonne lecture.

LaMaman

 


07 avril 2017

Autisme: causons chic. Enfin...essayons !

Pendant la dernière séance d'orthophonie et alors que je patientais dans la salle d'attente, j'ai pu observer un petit garçon en tous points semblable à Théophile au même âge. Même "destructuration" du langage, même persistance sur certains mots ou certaines phrases, même vocabulaire (plus que limité) et beaucoup d'onomatopées.

Il devait avoir cinq ans et j'ai pensé que de temps en temps, il était bien que le hasard nous remette en mémoire quelques évènements du passé, juste histoire de mesurer le chemin parcouru.

On oublie...c'est terrible mais vrai ! Là, c'était comme replonger à l'époque où je me posais vraiment la question de savoir si notre fils parlerait "normalement" un jour, je veux dire de manière simplement intelligible.

La réponse est oui aujourd'hui, j'ai donc intérieurement souhaité beaucoup de courage à ce petit garçon ainsi qu'à sa maman.

Même s'il reste des approximations (mauvais choix des pronoms ou articles dans la conversation précisément, ou utilisation parfois "originales" des conjugaisons - jamais à l'écrit, par contre), globalement le plus gros est fait. Je ne parle pas ici de théorie de l'esprit, de compréhension fine (où là, il en a encore pour quelques années), juste de syntaxe.

Alors j'ai retrouvé un fascicule oublié dans le bazar d'une des grandes soeurs, très bien fait que j'ai remis en forme et qui m'a semblé approprié aux difficultés de Théophile. Il correspond au Niveau B2 du cadre européen commun de référence (ou niveaux A5 et A6 du DELF).

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Les descriptif précise : "L'organisation de l'ouvrage vise à aider l'apprenant à développer des compétences lingusitiques et communicatives autour d'un thème lexical spécifique (...). Les activités proposées sont variées et exploitent des typologies d'exercices connues des apprenants: exercices de réécriture, de mise en relation, de remise en ordre, QCM..."

450 exercices (certains oraux - CD inclus) - 11 dossier thématiques:

- La société des spectacles

- Famille...tout se complique

- Les arts visuels

- Sciences et technologies

- Les relations interpersonnelles (on y parle beaucoup des émotions et des sentiments. Très bien pour l'autiste !)

- Chacun chez soi

- Les citadins et les ruraux

- Le tourisme

- La société française (un peu pointu mais intéressant)

- Médias, politique & Co (d'actualité !)

- Littérature

On peut évidemment répondre directement sur le fascicule mais j'ai choisi de le remettre en forme (Théophile écrit TRES gros encore, il lui faut de la place...).

Je ne le conseillerais pas à des enfants de niveau classes primaires mais plutôt fin de collège (voire début de lycée).

174 pages - 19,10€ - Editions CLE international - ISBN: 9782090335590

LaMaman

PS: si vous souhaitez le fichier remis en forme, contactez-moi par mail. Attention, il est nécessaire tout de même d'acheter le fichier pour avoir le CD !

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06 avril 2017

IEF : Faites vite...plus que deux jours !!!

Plus que deux jours pour visionner sur ARTE cet excellentissime reportage :

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C'est ici  (cliquez, la lecture sera plus confortable sur le site d'ARTE)

Petite précision: il est visible sur ARTE+7 (jours) encore pendant 2 jours; donc il a été diffusé sur la chaîne le .... Faites le calcul ! (Ne le dites pas tout de suite aux enfants !).

Outre que le sujet est passionnnant, il vous réserve bien des surprises. Une présentation des différents "corps" de métiers qui travaillent main dans la main autour d'un squelette vieux de 25 000 ans (où enfin on comprend qui fait quoi !), la découverte d'un métier que je ne connaissais pas (le psychopaléontologue, un truc pour moi, si je l'avais su plus tôt...raté !!!), les institutions qui oeuvrent pour permettre de mettre au jour une des plus grandes découvertes sur l'origine de nos civilisations. 

Résultat de recherche d'images pour "le fils de néandertal ou le secret de nos origines"

Avec en sus, une vraie chasse au trésor et des professionnels passionnés et très pédagogiques. 

Si vos enfants souhaitent devenir archéologue, anthropologue ou encore paléontologue...n'hésitez pas, ce reportage est fait pour eux (et pour vous aussi, bien sûr).

La fin est bluffante...Mais qui aurait cru que deux espèces que nous pensions "incompatibles" ont finalement pu engendrer et que nous-mêmes portions des gènes néandertaliens et que même certains en porteraient près de 66% ? C'est tout simplement dément !!!

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Alors faites vite, très vite...il y avait longtemps que je n'avais pas vu un aussi bon reportage. 

Attention toutefois : le reportage disparaitra dès samedi soir minuit. Donc...plus une minute à perdre.

Vous passerez une excellent moment, Théophile l'a regardé ce matin et vraiment, il a été emballé et...soulagé* !

Bande-annonce ICI .

Bonne vidéo (de 52 minutes).

La Maman

* Vous comprendrez pourquoi à la fin du reportage. Il a juste pensé qu'on ne lui avait pas "encore piqué son job" !!!

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28 mars 2017

Autisme: pause lecture... "Carthage" de Joyce Carol Oates

Un des rares ouvrages dans lequel l'auteure parle du (possible) syndrome d'Asperger de l'héroïne sans s'emmêler les crayons pinceaux... Je vous le livre donc:         

Joyce Carol Oates a une écriture fascinante et décrit des parcours fracassés, énigmatiques toujours sur le thème de la destruction et de la rédemption. Evidemment dit comme ça, ça n'est pas très vendeur et je ne vous conseillerais pas toute sa littérature (près d'une centaine de romans, nouvelles, essais...). C'est une auteure "nobélisable" depuis environ une quinzaine d'années. Patience...

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Dans Carthage, nous découvrons la vie des Mayfield. Un père (Zeno, avocat et notable de la ville de Carthage), une mère (Arlette, aux petits soins pour la famille), Juliet (la jolie et gentille aînée) et Cressida (l'intelligente et la "pas facile").

Juliet est sur le point de se marier avec le caporal Brett Kincaid tout juste revenu d'Irak, blessé, handicapé et devenu quelque peu aigri et violent. Les fiançailles sont rompues et dans le même temps Cressida disparaît... Kincaïd a bien souvenir de l'avoir conduite dans sa voiture mais très "imbibé" et médicamenté, il ne se souvient plus de rien. L' a-t-il tuée (il va finir par avouer mais est-il vraiment coupable ?) et dans ce cas, où se trouve le corps???

L'intrigue se déroule sur 7 années, je ne dévoile pas la fin bien sûr.

Bientôt, il apparaît au travers d'une description fouillée de la disparue qu'un syndrome d'Asperger pourrait expliquer les comportements étranges de cette jeune fille douée pour le dessin et peu "sociable". Donc en filigrane, cette hypothèse est habilement étayée par l'auteure sans que jamais le diagnostic ne soit définitivement posé. Le syndrome est suggéré...

Cette approche est intéressante et on peut faire le parallèle avec ce qui est en train de se passer en France depuis quelques années sur la question de la "détection" de l'autisme chez les filles jusque là tout simplement ignoré (et qui donc justifie encore aujourd'hui la prévalence de 4 garçons touchés par l'autisme pour une fille). De plus, les filles plus "commnicantes" arrriveraient à dissimuler le syndrome (majoritairement diagnostiquées syndrome d'Asperger) et donc à passer au prix parfois de grandes souffrances intérieures entre les mailles du filet. Donc le point de vue ici choisi me semble pertinent et intéressant.

Néanmoins, et c'est une des caractéristiques de Oates d'imbriquer en sus des faits de société et d'actualité dans ses ouvrages (Tout cela parfaitement documenté et donc très instructif), d'autres thèmes sont abordés et pas des moindres: la question des conditions d'incarcération des prisonniers, de la peine de mort aux Etats-Unis, de l'engagement de très jeunes soldats dans des guerres dévastatrices (là il s'agit de la guerre en Irak mais Oates fait un parallèle avec celle du Vietnam), de leur retour : gestion de leurs difficultés psychologiques et incapacité à s'insérer de nouveau dans la société civile...

Donc si vous souhaitez lire un roman qui aborde la thème du syndrome d'Asperger tout en ne parlant pas "que de ça", ce livre est pour vous !

Je vous le conseille donc vivement comme d'autres ouvrages de Joyce Carol Oates (quelques exemples) :

Les ChutesNous étions les MulvaneyHudson RiverMudwoman

J'ajoute cette interview d'Alexandra Reynaud, Asperger et fière de l'être, et qui vient de publier un ouvrage. Vous pouvez retrouver son témoignage sur le blog "Apprendre avec bonheur". C'est ici.

Bonne lecture.

LaMaman

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24 mars 2017

L'avenir d'un autiste (encore) adolescent : les études, le travail, les relations...(1ère partie)

Commençons par cette phrase qui m'est chère:

"Tout ce qui aspire à voler trouve toujours une hauteur d'où s'élancer"

(Ernst Wiechert - Les Enfants Jéromine)

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Depuis quelques années, marteler sans relâche dans sa tête cette phrase avait quelque chose de (presque) vital ! Les parents d'enfants autistes comprendront. Même si comme le dit Marie-Josée Cordeau (Aspigirl diagnostiquée sur le -très, très- tard) :"Des adultes autistes, on n'en connaît pas. Ils doivent se fondre au sortir de l'adolescence comme les bancs de neige sous les rayons ambrés du soleil d'avril." (Ndlr: elle est québecquoise).

Notre autiste à nous est plongé dans le grand bain de l'adolescence et ce n'est pas toujours de tout repos même si ça pourrait être bien pire, je pense... Alors l'adolescence, on gère et on attend que ça passe en songeant à l'après. Mais là, damned ! Nous nous serions comme...illusionnés. Du moins à en croire les témoignages des autistes adultes en galère (ou claudicants pour les plus chanceux). J'ai eu beau m'arracher les yeux à compulser tous les blogs (je dis bien tous ceux qui traitent de la question), je n'y ai pas bien entraperçu la lueur d'espoir tant recherchée. On en vient à se dire qu'il aurait mieux valu que notre autiste n'ait jamais été diagnostiqué : nous lui aurions appris en 100 000 leçons comment "avoir l'air" d'un neurotypique en toutes circonstances ou comment se fondre (avec plus ou moins de bonheur, cela va sans dire) dans la masse. 

Résultat de recherche d'images pour "leçons de savoir vivre"

Mais il est diagnostiqué et ce, sans l'ombre d'un doute : il en est, c'est avéré. Il fait partie de cette grande communauté si attendrissante et si déroutante à la fois des autistes de toutes sortes (que même entre eux parfois ils n'arrivent même pas à se reconnaître, quel foutoir quand même). Il est bien fiché, avec un numéro de dossier auprès de l'Administration compétente et ce, très vraisemblablement, pour le reste de ses jours.

Alors voyons les choses en face : il va nous falloir envisager la question sensible de son devenir (réellement, concrètement, je veux dire, plus une simple vue de l'esprit, non, du tangible, du sérieux, du lourd...). Certes, il a encore le temps de grandir et comme les retards de développement sont chez ces enfants encore visibles tard dans l'adolescence, il peut faire illusion encore quelques années. Mais tout le monde ne l'entend pas de cette oreille, on commence d'ailleurs à nous le faire bien sentir. Ainsi la MDPH sur sa dernière notification s'est cru obligé de préciser : "lors du prochain renouvellement, merci de justifier du niveau scolaire de l'enfant". (Je précise: même pas peur !). Ce n'est pas forcément comme ça que je l'avais envisagé mais du coup, on a senti la pression extérieure s'exerçer sur nous subitement. C'est comme si nous n'en étions plus au stade des projets (c'est tellement plus rassurant et jubilatoire, cela dit), là, il faut des réponses, des solutions et bâtir son projet, son avenir donc.

Résultat de recherche d'images pour "bâtir un projet"

Pour commencer, se renseigner sur la situation des autistes dans le monde du travail. Si vous cherchiez une consolation de ce côté, autant le dire de suite: c'est raté, mouru, moisi ! La situation n'est pas glorieuse, ça a même des relents d'âge de pierre. Rien n'est fait (ou presque), rien n'est envisagé (ça, c'est à nous de le faire. Certains parents en sont même réduits à s'improviser chefs d'entreprise pour créer un poste -certes pas fictif celui-là - à leur enfant-adulte autiste. C'est pathétique et à la fois tellement beau).

Mais c'était sans compter avec Joseph Schovanec (autiste Asperger lui-même et chantre de la cause) qui vient à la rescousse avec un rapport rendu il y a quelques jours à la secrétaire d'Etat auprès de la Ministre des Affaires sociales et de la Santé chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion (il faut bien ça !). Je vous encourage à le lire, il est brillantissime et montre bien (au passage) la difficulté des autistes de haut niveau à se mettre à la hauteur du commun des mortels (mais c'est Josef à qui on pardonne tout). Passées les premières difficultés langagières (dans le style :"Ah, qu'en termes élégants galants, ces choses là sont dites"), on peut rentrer dans le vif du sujet. Par exemple, se délecter de tous les détails minutieux sur les causes de la non-présence des autistes dans l'enseignement secondaire et supérieur et leur plus encore non-représentation dans le milieu du travail (ou alors tellement discrète ou chaotique que cela pourrait vous tirer les larmes).

Vous qui en êtes tout juste à envisager les prémices d'un éventuel projet d'études ou d'un plus lointain (encore) projet (hypothétique) professionnel pour votre autiste, l'entrée an matière est pour le moins brutale :" (...) la gamme des possibles en matière d'emploi des personnes autistes a souvent été singulièrement restreinte (...)" ou encore "(...) Sur le plan théorique, la palette des possibles était restreinte par la conviction que l'on pourrait dénommer l'idée de la souffrance déjà suffisante chez la personne autiste : étant frappée de ce qui était conçu comme un mal particulièrement obscur et profond, il n'était pas jugé licite d'accabler la personne autiste des fardeaux habituels de l'être humain tels que le travail au sens ordinaire du terme (...)". Vous êtes perdus ? Reprenez la phrase encore une fois, elle est lourde de sens et elle est capitale (comme tout le reste du rapport d'ailleurs).

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* Une année au lycée (rien à voir avec le sujet mais je suis fan. C'est ici.)

En clair, elle insinue 1) que l'autisme est encore considéré comme une maladie psychique grave (donc qui effraie) aidée en cela par des années de main-mise effrayante et inopérente du milieu psychanalytique pour tenter d'expliquer la "maladie" et pour mieux se l'approprier (avec en retour une rente en argent sonnant et trébuchant dévolue au seul milieu institutionnel et totalement verrouillé - même si les choses semblent évoluer depuis les dernières recommandations de la HAS). 2) que la représentation que les neuotypiques pourraient encore avoir de l'autiste est celle d'un individu en souffrance dont le seul apaisement serait de se taper la tête contre les murs en hurlant des propos incohérents. L'idée d'une violence incontrôlée et parfois même incontrôlable reste sous-jacente dans l'imaginaire collectif donc. 3) que les 1 et 2) aident bien à la marginalisation des autistes et à la bien-pensance de ceux qui souhaiteraient les rendre non-visibles (ça, c'est preque réussi) tout en se donnant bonne conscience. Donnons leur leurs 810,72€  mensuels et qu'on n'en parle plus ! 4) qu'il est donc prouvé ainsi que leur place n'est pas nécessaire (ni souhaité) au sein du monde du travail, voir perturbatrice dans l'enseignement secondaire (bah, oui, c'est plein d'ados en construction qui doivent s'approprier des codes alors l'autiste avec ses non-codes ou ses codes "décalés" pourrait bien brouiller le message premier - docilité et conformisme).

Alors que faire ??? Revoir nos ambitions (enfin les siennes en réalité) à la baisse voire capituler ??? Continuer les apprentissages en laissant vacant une infime partie de notre cerveau de parents (déjà fort sollicité depuis toutes ces années) dans lequel tournerait en boucle cette phrase dramatique : " De toute façon, ça sert à rien ce que tu fais là..."

Résultat de recherche d'images pour "pleurs barack obama"

Mais c'est sans compter avec les retours d'expérience des uns et des autres et que nous devons prendre en compte. Enfoncer les portes (pas ouvertes celles-ci, cest sûr), réfléchir, ajuster, agiter son ou ses réseau(x) et cela sans relâche, ce sera notre tâche pour les dix années à venir, peut-être davantage encore. 

Même si rapidement après l'annonce du diagnostic, l'espérance de voir nos enfants en totale autonomie (une fois devenus adultes) est remisée (ou bien ajournée pour ceux qui bénéficient d'une prise en charge efficace et adéquate), on aimerait quand même que les autistes ne soient plus seulement considérés à travers le prisme de leurs particularité, de leur originalité (n'est-ce pas une une chance après tout ?) et que comme le dit Josef Shovanec, pourquoi "(...) le bilan de compétences, qui pour toute autre personne [Ndrl: neurotypique], en particulier durant l'enfance, serait perçu comme une simple évaluation d'une situation fugace, devient ici définition définitive de la personne." ?

Je vais m'arrêter là pour le moment. Le rapport de Josef Schovanec fait 76 pages si le coeur vous en dit et il est éclairant (pas forcément très encourageant non plus mais s'il fait se déplacer quelques curseurs dans un avenir proche, ce sera tout bénéfice pour nos enfants en attente).

Je reviendrai bientôt et plus concrètement sur les retours d'expérience toujours très intéressants des uns et des autres et qui nous servent à construire le projet de Junior.

Bonne lecture.

LaMaman 

Posté par Theomaluanne à 12:03 - Commentaires [11] - Permalien [#]