Théo m'a Lu Anne !

22 juillet 2017

IEF : aides à la lecture (2) et...deux bonus et...toujours bonne rentrée !

Deux aides à la lecture :

- Ne tirez pas sur l'Oiseau moqueur d'Harper Lee (déjà présenté dans un précédent billet)

- Les Raisins de la colère de John Steinbeck

      

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1) Les Raisins de la colère (John Steinbeck - 1939) :

Petit résumé : Nous sommes dans les années 30. Les fermiers des Etats de l'Oklahoma et de l'Arkansas (entre autres) se trouvent contraints de quitter leurs terres. La famille Joad fait partie de ces émigrés lancés sur les routes à la recherche de la terre promise quelque part sur la côte ouest. Récit de ce voyage et des désillusions de toute une communauté de déracinés soumise à la pauvreté.

Bon moyen d'aborder les thèmes suivants : la vie de Steinbeck / les vagues d'émigration aux Etats-Unis / le Dust Bowl / la Grande dépression / le New Deal / la vie de Dorothea Lange...

Alors que nous n'avions prévu qu'un fascicule et des cartes pour le premier livre, là, nous avons étoffé un peu le contenu.

Ainsi cette aide à la lecture comprend : (cliquez sur les mots soulignés)

- un fascicule

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- des cartes "question-réponse":   Planche 1  -  Planche 2  -  Planche 3  -  carte de pointage

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- un jeu des 7 familles sur les Etats-Unis

  + la liste des familles

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- un jeu de 7 familles sur les peintres des années 30

  + la liste des familles

En fait, il y a 11 familles à télécharger (le choix a été trop difficile, j'ai tout gardé !)

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- un jeu de cartes type "memory" (qui reprend les célèbres clichés de Dorothea Lange). Il y a au total 60 cartes...

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Il est intéressant de poursuivre cette étude par le visionnage de l'adaptation cinématographique et par quelques chansons (sur YouTube) qui évoquent le phénomène impressionnant et dévastateur qu'a été le Dust Bowl.

Les Raisins de la colère    Résultat de recherche d'images pour "woody guthrie dust bowl ballads"   Résultat de recherche d'images pour "tom joad bruce springsteen"  Résultat de recherche d'images pour "dust bowl bonamassa"

 

Beucoup d'autres supports et sources sur cet ouvrage en PDF sur le net aussi mais trop long d'en faire la liste...A vous de jouer !

Intéressant aussi cet article sur Le Monde qui évoque le "Tour des Etats-Unis de John Steinbeck" avant sa mort. Regard (très) critique sur une Amérique qui a vendu son âme au diable selon lui. Ce périple a donné lieu à l'écriture d'un livre en forme de road movie : "Voyage avec Charley" (Charley, c'est son chien !).

Voyage avec Charley

Ce voyage a également été retracé dans un très bon reportage d'Arte (dans la série "Le Grand Tour des littératures") en avril dernier mais il n'est plus disponible même en replay donc...tant pis. Si vous le retrouvez, dites-le nous !

 

2) Ne tirez pas sur l'Oiseau moqueur (Harper Lee - 1960)

 

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Un précédent billet a été consacré à cet ouvrage. Il est ici. Vous y trouverez le résumé.

Je remets les liens tout de même : (cliquez sur les mots soulignés)

- le fascicule 

- Les cartes (71 en tout corrigées par Théophile) : Planche 1  -  Planche 2  -  Planche 3  -  Planche 4

- La carte de pointage

- Le questionnaire (QCM)

Pour finir, je voudrais conseiller ce livre (pour les parents, il est trop dense et trop épais pour être lu par des plus jeunes) :

C'est un excellent prolongement au livre d'Harper Lee. La ségrégation raciale est la trame de ce roman écrit par Richard Powers (qui a fait des études de physique, de littérature et qui est lui-même compositeur de musique). Mais pas que : viennent s'y ajouter l'esclavage, la Première Guerre mondiale puis la Seconde, l'Holocauste, la bombe H et...la musique omniprésente (tous les genres musicaux, c'est foisonnant d'artistes, de styles...Ayez YouTube à portée de mains !).

Résumé: Délia est noire, David est blanc. Elle est une passionnée de musique et chanteuse, lui un émigré juif allemand fuyant la barbarie nazie, physicien génial et torturé et...passionné également de musique. Cette musique qui va les réunir. Mais quel avenir pour un couple "mixte" dans les années 30 ? Lui devra faire passer sa femme pour la nounou de ses propres enfants et éviter ainsi le tabassage voire le lynchage, d'usage à cette époque même en pleine rue. Elle devra affronter la suspicion de ses parents qui doutent (légitimement compte tenu des évènements du moment) de la pérennité de cette union.

Naîtront trois enfants et c'est le second Joseph qui retrace cette vie emplie de musique et de questionnements sur les notions de couleurs, d'égalité, de "à qui appartient la musique selon qu'elle est blanche ou noire" et aussi avec cette ultime interrogation : un monde sans distinction de couleurs est-il possible (d'actualité donc) ?  Son frère Jonah deviendra chanteur lyrique, lui sera pianiste de concert et leur petite soeur Ruth rejoindra les Black Panthers et la clandestinité. On suivra la famille jusqu'en 1970 (environ).

Leur vie sera une lutte permanente contre la violence et les préjugés (même entre noirs !). La fin est tragique, on s'en doute. Des longueurs, certes (c'est le style Powers qui veut ca) mais ça reste passionnant et instructif.

Editions 10/18 - 1046 pages 

Si vous souhaitez mieux connaître Richard Powers, vous pouvez l'écouter ici : Le grand entretien - France Inter

Pour finir, deux petits bonus :

Nobody Knows The Trouble I've Seen - Wynton Marsalis Quintet with Lucky Peterson

Gregory Porter - Holding On (1 mic 1 take)

Nous vous souhaitons une bonne rentrée à tous (*).

Bonnes lectures.

LaMaman 

(*) Nous vous souhaitons d'abord de bonnes vacances. Nous allons faire une pause nous aussi...A bientôt.


28 juin 2017

Autisme : "La puissance des vaincus" de Wally Lamb

L'été est là, les vacances vous laisseront peut-être le loisir d'un bon bouquin. 

Je viens de finir celui-ci et je souhaitais le partager avec vous. Alors contrairement à ce que le titre de ce billet pourrait laisser supposer, on y parle pas d'autisme mais de schizophrénie. On a souvent confondu les deux par le passé et même si aujourd'hui, les autistes nouvellement diagnostiqués ne sont plus assimilés à des schizophrènes, je pense qu'il est bon et intéressant de bien comprendre de quoi il s'agit. Si les symptômes diffèrent, c'est pour les malades et leurs proches souvent un long calvaire médical et social aussi (tout comme pour les bipolaires, les borderline et bien d'autres qui ne rentrent pas dans les cases !).

La schizophrénie comme toutes les pathologies mentales fait peur et donc il est urgent de chasser l'ignorance qui entoure encore le sujet.

Alors plutôt que plonger dans des revues médicales ineptes, Wally Lamb a écrit sur le sujet certainement l'un de ses meilleurs romans. Je ne vous détaillerai pas la manière dont cet auteur prépare l'écriture de ses histoires mais la recherche d'une abondante documentation et sa collaboration avec de nombreux spécialistes rendent ses ouvrages on ne peut plus fiables sur les sujets évoqués. Je vous  conseille donc celui-ci sans restrition aucune !

Résumé rapide: 

Dominick et Thomas sont des jumeaux (des vrais), ils ne connaissent pas l'identité de leur père et leur mère vit avec un homme violent qui s'acharne sur Thomas, plus fragile, plus rêveur. Les deux frères grandissent sctotchés l'un à l'autre, Dominick protégeant son frère et ce, jusqu'à leur entrée à l'université. Là, Thomas montrent des comportements déroutants, des moments de replis, des incohérences dans la pensée, dans son langage. 

Jusqu'au jour où il fait irruption dans la bibliothèque de la ville et se sectionne la main afin d'attirer l'attention du président Bush sur l'absurdité d'une intervention militaire en Irak. Tomas invoque alors les versets 29 et 30 du chapitre V de l'Evangile selon Saint Mathieu et n'en démordra jamais. Son discours tient en ces quelques mots : "J'ai un pacte avec le Seigneur tout-puissant". "Thomas avait été dans le doute, disait-il, mais il était devenu Simon Pierre - le rocher sur lequel Dieu bâtirait son ordre nouveau. Il avait reçu le don et la charge de prophétiser. Il nous suffisait de l'écouter, il nous montrerait la voie." 

Le diagnostic est rapidement posé et l'internement de Thomas immédiatement prononcé. Médocs pour l'un, culpabilité pour l'autre...C'est la trame du roman.

Dominick va alors faire le récit de leur enfance, des hospitalisations en psychiatrie de son frère, de ses relations avec le milieu médical afin de protéger au mieux son jumeau (promesse faite à leur mère avant sa mort), et il devra tenter de se construire sa propre vie malgré la maladie de Thomas qu'il prend en charge et la gémellité qui les lie si fortement l'un à l'autre.

Si vous ignorez tout de la schizophrénie, de la gémellité, ce livre est éclairant. Poignant, on s'en doute, aussi.

Il gravite également autour de ces frères des personnages tout à fait attachants dont les réactions face à la maladie sont très différentes. Le sujet de la définition de la "normalité" est une question essentielle dans ce roman également.

Le style d'écriture de Wally Lamb est agréable, j'aime beaucoup.

Vous pourrez choisir également de lire d'autres ouvrages du même auteur :

                        

Le premier évoque le SSPT (le syndrome de stress post-traumatique ) en évoquant le massacre de Colombine mais également l'esclavage, l'Underground Railroad, les revendications des suffragettes... Quant au second, il y est question d'homosexualité et de pédophilie. Wally Lamb ne fait jamais dans les sujets "faciles" mais il ne fait pas non plus dans la provocation gratuite donc rien de racoleur dans tout ça. 

Attention ce sont des "pavés" mais ce sont aussi les vacances donc on peut prendre le temps d'une bonne et longue lecture.

Valérie

Cliquez:

La Puissances des vaincus (978 pages - J'ai Lu - 1998)

Le chagrin et la grâce  (984 pages - J'ai Lu - 2008)

Nous étions l'eau (896 pages - J'ai Lu - 2013)

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16 juin 2017

IEF : quels supports pour préparer le bac Scientifique ?

Une maman m'a interrogée sur les types de cours et les supports que nous avions utilisés ici pour la classe de Première scientifique (niveau lycée donc). Alors oui, il est possible de préparer et d'obtenir son bac sans CPC. 

Donc ici pas de CPC mais juste des manuels, des annales et internet !

Faire la liste de tous les manuels que nous avons utilisés serait fastidieux. Néanmoins, c'est vrai, certains sont à éviter, tous ne sont pas de qualité ou certains conviendront bien à un ado et pas à un autre. Il faut donc "faire son marché" calmement en se rendant sur les sites des différents éditeurs.

Sur le contenu, tous proposent sensiblement la même chose puisque les programmes sont "officiels" (à consulter sur le site eduscol, par exemple) donc pas de surprise de ce côté-là quel que soit le manuel choisi.

Ce qui me paraît par contre le plus important, c'est d'essayer de s'approprier la méthodologie assez rapidement. En clair : qu'exige-t-on du candidat le jour de l'examen (parce que même en classe de seconde, en candidat libre, on se prépare déjà aux épreuves), comment doit-il s'y prendre pour répondre aux attentes des examinateurs, ce qui est admis et ce qui ne l'est pas, ce qui va vous assurer une super note et ce qui est rédhibitoire ?

Savoir comment rédiger un commentaire, une composition, une démonstration de maths ou de sciences ?... Ce n'est pas tout un art, ce n'est rien que de la méthode. Ici, on scinde les deux : les contenus et la méthode. Avec quel support ? Des annales uniquement pour la méthode (même en seconde, on peut déjà lire des corrigés de bac français et lentement se les approprier). Et pour le contenu, des manuels ou internet (s'inscrire sur l'ïle des maths ou de physique-chimie  et même de l'histoire-géo peut aider. Le forum permet d'obtenir des réponses rapides en cas de problème).

Parmi les annales, nous avons travaillé avec: 

       

La Maxitotale 2018 est prévue (parution en août 2017).

Le niveau d'attente est assez élevé sur ces annales. Il ne faut pas paniquer ni trop s'en formaliser...A force de les consulter, les choses se mettent peu à peu en place. Moralité: s'y prendre bien à l'avance et s'organiser !

- Des ouvrages clairs et concis pour les matières scientifiques :

       

Ils existent également pour la Seconde et la Terminale. On peut compléter avec un manuel plus "classique" de son choix, si c'est nécessaire. 

En SVT, il existe des manuels très bien faits (surtout chez l'éditeur Belin) et surtout des petits fichiers récapitulatifs (pour la Terminale) qui aident à la mémorisation (de plus, les exercices sont corrigés, ce qui n'est pas toujours le cas pour les gros manuels). Le livre du professeur peut aider aussi mais ça alourdit la facture...

           

- Pour les langues, ici, c'est l'EAD pour tout le monde et en Terminale un manuel "standard" pour les thèmes à étudier. L'épreuve orale est venue dernièrement "corser" un peu la chose : prévoir de concocter un fascicule avec des documents portant sur chacun des thèmes imposés (voir sur Eduscol par série) à présenter le jour de l'épreuve. Il servira de support à la discussion avec l'examinateur (pour un candidat libre : lisez cette page très complète).

- En histoire-géo : des manuels standards pour le contenu et les annales pour la méthode. Ajoutez-y ces fascicules (même si c'est un peu tôt pour un ado en Seconde ou en Première, s'il est motivé, il aura un aperçu des connaissances à acquérir d'ici la Terminale). Leur prix est modique, pourquoi s'en priver ? Et ils existent dans à peu près toutes les matières.

     

- En Français, la palette des manuels est large. Ici, le seul objectif, c'est l'épreuve de fin de première et le plaisir de lire. Bon, au bout d'une année de gavage intensif, le plaisir s'émousse un peu mais, la fin justifie les moyens.

Des ouvrages à consulter dès la Seconde :

        

Littérature française : Les grands mouvements littéraires du Moyen-Age au XXe siècle  Figures de style  Le mot juste : Pièges , difficultés et nuances du vocabulaire

Il en existe plein d'autres et le choix est souvent long. Il ne faut pas hésiter à y passer du temps (les manuels sont chers, n'hésitez pas également à les acheter d'occasion).

Pour les figures de style, la Troisième avait préparé des cartes que vous pouvez retrouver dans ce billet: cliquez ici !

Et pour évaluer ses connaissances en français et en littérature, retrouvez ce billet : cliquez là !

Surtout, prenez le temps de lire...

Voilà, ce ne sont que quelques suggestions. Attention, les programmes peuvent changer (eu égard au changement de ministre). Consultez régulièrement le site d'EDUSCOL !

Ces supports peuvent paraître bien "conventionnels" et pas franchement drôles. C'est vrai mais l'expérience nous oblige à avouer que les années de Première et de Terminale n'ont pas été des périodes de franches rigolades. Il a fallu se plier aux diktats des examens. Mais les filles ici ont su se ménager des plages de détente bien à elles pour compenser le bourrage de crâne que représente (malheureusement)  le bac (même en candidat libre).

Bon courage à tous et particulièrement aux candidats libres donc qui planchent en ce moment.

Une pensée toute particulière pour L.

LaMaman

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Billet d'humeur : Faisons d'abord dans l'humain...

Avertissement : Les commentaires ne sont pas ouverts pour ce billet.

Accrochez-vous, ce billet est long mais il vient du coeur !

Il n'y aura pas de photos non plus, inutiles... Finalement juste une.

Ce billet (long donc) est le fruit d'une réaction (très) à chaud à un billet de notre Seconde, masterisée en Ethologie et bientôt véto. Compte tenu de son parcours, je marche un peu sur des oeufs mais, par précaution, je lui affirme haut et fort : Louloute, sur le fond, on est d'accord sur tout !

Son billet est de (grande) qualité et je vous en conseille vivement la lecture. J'ai été particulièrement touchée par l' évocation de son expérience universitaire avec des "piafs" et par sa prise de conscience (quelque peu douloureuse) que selon le type d'animal dont nous parlons, il y a bien là deux poids deux mesures quant au traitement infligé à certaines espèces. Mais bref, je ne suis pas spécialiste, je lui laisse le soin de vous sensibiliser au sujet.

Ce qui m'a immédiatement interpelée, c'est cette phrase :"Nous sommes capables d'empathie envers [ces] animaux comme nous pourrions l'être, ou presque, envers un autre humain". 

Mon sang n'a fait qu'un tour, même si je la sais assez critique sur les maîtres gâtifiant et bêtifiant devant leur animal et que son raisonnement universitaire (fort bien mené au demeurant) ne vise pas à approuver cette attitude anthropomorphique mais bien plus à expliquer avant tout pourquoi nous discrimons (gustativement parlant) telle espèce plutôt qu'une autre.

Toujours au demeurant, et en passant, je suis heureuse d'apprendre qu'à la naissance un poussin sait déjà compter jusqu'à 5... Diable ! On m'aurait menti tout ce temps en me disant que ce minuscule animal pouvait sans ménagement être parqué avant des centaines d'autres congénères parce que privé de conscience (encore que je sens bien que l'universitaire va me flinguer sur la possible dichotomie prudente à opérer entre conscience et intelligence. Pas grave, je tente !), il ne se rendrait même pas compte de l'incongruité de sa situation, là, tout petit, sans sa maman, tout collé-serré contre des gens-poussins qu'on ne lui aurait même pas présentés !

Ah oui, mais l'empêcheur(se) de tourner en rond s'interrogera tout de même : et à 3 semaines, et à l'âge adulte, le poussin (poule, poulet, coq, peu importe) sait compter jusqu'à combien ?

Notre société et notre raisonnement se sont arrêtés à ceci : si le poussin sait compter jusqu'à 5 à la naissance, il y a là une preuve d'intelligence certaine ! Alors moi, je dis : pourquoi me suis-je escrimée à faire lire, compter, et raisonner un autiste (je prends volontairement un exemple atypique, perdu, exclu de la société des humains bien-pensants) si compter jusqu'à 5 était bien largement suffisant ?

Et cette espèce de béatitude de bon nombre de maîtres devant la plus petite prouesse "intellectuelle" (appréciation toujours très disproportionnée) de leur animal ne fait qu'accréditer cette évidence : non, l'animal n'est pas doué d'intelligence, celle mesurable et qui permet de faire jeu égal avec nous. Peut-être parce que lorsque nous lui prêtons des capacités d'intelligence, nous le faisons toujours en référence aux capacités humaines (forcément, nous ne connaissons que cela !). Lorsqu'un animal rapporte docilement une balle, nous nous empressons de le trouver intelligent même s'il est "adulte" alors que nous nous alarmerions de ce si peu d'aptitudes chez un enfant humain. La grille d'évaluation est évidemment bien différente selon qu'il s'agisse d'un humain ou d'un animal mais pourquoi vouloir à tout prix que nos animaux de compagnie nous "singent" à ce point ? Attention, le fait que leur intelligence soit très différente de la nôtre ou moindre, ne leur ôte pas le droit au respect. Bien au contraire, cela les rend, ô combien vulnérables et à ce titre, ils doivent être protégés. Les dernières lois entrées en vigueur vont dans le bon sens et sont claires : l'animal est un être vivant doué de sensibilité (Code civil art.515-14). Pour autant, ce n'est toujours pas un humain ! Rendons-lui quelque part son statut et je dirais même à bien des égards sa dignité. Laissons le chat aller chasser sa pitance dans le champ voisin, rendons-lui ses instincts de chat au lieu de lui servir des menus 3 étoiles qui ne font que le transformer en chat de salon. Cessons de faire faire des allers-retours incessants à notre chien pour une balle ridicule dont il n'entrevoit même pas la fonction première... Ouvrons la cage de ce serin qui piaille toute la journée et pourrait se demander pourquoi la Nature l'a pourvu d'ailes qui ne lui servent à rien !

J'habite à la campagne (la vraie) avec des vaches et des veaux en pleine nature, des faisans et des lièvres qui s'invitent au hasard de leurs errances (ben, plus trop d'habitats alors ils en perdent un peu le nord...) dans mon jardin, des buses qui planent au-dessus de nos têtes et des chevreuils qui gambadent dans la vaste nature environnante. J'aime les animaux de manière générale. Je ne vais jamais au zoo ni au cirque (quel drame ces mascarades pseudo-pédagogiques, allez plutôt voir les galeries de l'évolution, à choisir !). 

Néanmoins, je suis dans l'incapacité de considérer qu'il soit bon voire même juste de s'approprier certaines espèces "domestiques" dans nos foyers au principe que "ça s'est toujours fait", que déjà au néolithique, l'Homme avait eu "l'intelligence" de penser que l'animal pouvait lui être utile. Certes...mais les temps ont un peu changé, évolué et pourtant nous n'avons jamais autant claquemuré d'animaux dits "de compagnie" dans nos maisons (cliquez ici, un petit lien rapide) pour, il faut bien le dire, notre confort personnel (et sans doute pour le confort de l'animal également à voir le budget alimentation/santé consacré par les maîtres chaque année - c'en est presque indécent au regard de la misère qui règne dans certaines parties du monde et des 5 millions d'enfants qui meurent de faim chaque année.)

La présence d'un animal domestique est aujourd'hui presque "obligatoire", certains diront même thérapeuthique. On lui prête toutes les vertus : il stimule le petit enfant, il permet à l'adulte de "décompresser" et de se consoler ou de relativiser des situations-conflit (il peut ainsi se répéter en boucle le dicton : "Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien". Citation de Fernand Gravey dont personne ne sait plus qui il est. Bah, c'est ici...) et il palie à la solitude de la personne âgée. Son rôle est donc primordial, incommensurable voire vital...vu comme ça !

Et je ne parle même pas de cet "anthropomorphisme le plus crasse et le plus nuisible" dont parle la Seconde, à juste titre (c'était bien dans les fables de La Fontaine mais ça doit s'arrêter là). Comme elle l'écrit si bien: "à nos yeux, les animaux sont devenus "quelqu'un" ! "

Je suis la première à être écoeurée par les vidéos de l'association L214 (cela dit, si vous voulez un pendant "humain", lisez l'incontournable "La Jungle" d'Upton Sinclair), à trouver que décidément ce maître est bien cruel de tirer autant sur la laisse de ce sympathique animal, à avoir le coeur qui saigne quand j'aperçois un oiseau en cage (Ah, Jacques Prévert !) ou à finalement interdire à mes filles de continuer l'équitation parce que dans le coin, il n'est pas possible de "monter à cru" !

Mais tout de même, là-dedans, où est l'humain ? 

On parle à son poisson rouge mais on ne se parle plus...on papouille son chien mais on n'enlace plus son amoureus(e)...on passe des heures à préparer des petits plats à ses chats mais on ne cuisine jamais pour ses proches (quand on ne les exclut pas de sa vie tout bonnement - bah, ils continuent leur vie, vous rayent de la leur, CQFD), on félicite son chien de sa prouesse à ramener la ba-balle mais on oublie de (sur-)féliciter son enfant qui a tellement trimé à l'école pour obtenir la note dont il devra être si fier...tout seul !

Pourquoi bon sang, arrivons-nous à partager nos sentiments, nos émotions si facilement (écoutez-vous bien...) avec notre animal alors que nous trouvons si compliqué de les formuler auprès d'humains qui sont si près de nous, là, tout près et qui n'attendent que cela (certains n'essaient même pas préférant exclure, bouffis d'orgueil et d'égoïsme) ? Pourquoi si souvent nous contentons-nous de l'amour d'un animal (certes brut de coffre et qui donc, a fortiori, nous apparaît plus "sincère", plus authentique... à voir tout de même) alors que tant d'humains autour de nous ont tant à donner et sont tellement en attente aussi ?

Et que dire lorsque l'animal prend toute la place au point d'en exclure l'humain : femme, enfants, petits-enfants, amis, voisins...? C'est à mon sens être arrivé là au summum de la misère humaine et c'est pourtant ce que nous voyons trop souvent aujourd'hui. L'homme du néolithique (qui me semblait doté d'un rare bon sens qui nous manque cruellement aujourd'hui) n'entretenait pas cette relation "exclusive" avec l'animal "domestique". Chacun reste à sa place ce qui n'entraîne aucunement une forme de maltraitance. Nous n'avons rien fait d'autre que transformer l'animal en machine à satisfaire notre "bon plaisir" (nous les sur-alimentons, nous les sur-vêtissons, nous les sur-aimons, nous les rendons sur-dépendants à nous). Rien n'a plus de sens et pourtant, nous arrivons aisément à justifier notre attitude en nous félicitant de ce que notre(nos) animal(aux) soit(ent) si choyé(s) et vivent si vieux, comme si on y était pour quelque chose.

Vous allez crier haut et fort : ah oui, mais mon animal m'aime, lui au moins ! Pause...Petite expérience : ôtez-lui sa gamelle pendant plusieurs semaines et laissez la porte de votre maison grande ouverte. Nous verrons si l'animal n'aura pas bientôt quelques velleités à se carapater (peut-être pas bien loin, chez un voisin plus généreux, allez savoir !). Et si on nous abreuve de ces histoires tellement émouvantes d'animal revenu d'on ne sait où pour retrouver un maître à l'autre bout du monde, pour une histoire de ce genre, combien de chats, de chiens qui choisissent de "s'émanciper" et qu'on ne revoit jamais dans le quartier ? Lisez cet article, , pour cesser de vous illusionner sur la formidable histoire d'amour pour la vie que vous tricotez chaque jour avec votre animal favori. Tout est dans la nuance comme le dit l'article...Il y a attachement et attachement !

L'homme moderne a transformé l'animal selon son bon vouloir (ne sommes-nous pas l'espèce dominante - pensée tellement réconfortante, n'est-il pas ?) et après tout, un animal n'est jamais bien contrariant, il ne vous assomme pas de concepts, d'idées susceptibles de véritablement vous bousculer, il ne vous oblige pas  à réfléchir bien loin, à revoir vos positions, le cas échéant, à reconnaître que vous n'êtes peut-être pas aussi "génial" que vous aimez à le penser (c'est très égoïstement humain ça aussi et terriblement répandu de nos jours)... Il est là, il attend sa pitance, il accepte votre caresse (il vous semble même que c'est lui qui vous la donne et lorsqu'il la refuse, vous pouvez même le trouver supérieurement intelligent et le cas échéant, le faire savoir à qui voudra bien vous écouter avec indulgence !). 

Je regarde si souvent avec bonheur mes enfants (et leurs pièces rapportées), je zieute mon amoureux (doué de parole, lui !) avec la même avidité et je me félicite de continuer à le bousculer, à l'interroger, je suis si contente de pérorer pendant des heures avec mes filles, des amies (et qui voudra bien d'ailleurs), de tenter de comprendre les méandres du cerveau de mon fils, d'observer mes parents toujours s'aimer d'amour tendre après si longtemps. Quel animal est seulement capable de tout ça ?

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Nos sociétés sont malades d'indifférence, de manque d'amour, de raisonnements erronés (!), de solitude, de conformisme. Un animal peut être objet de consolation mais il ne raisonnera jamais comme un humain. Il ne fait que donner l'illusion que les choses vont mieux ou peut-être aller mieux.

Pour conclure, je dirais même plus : nous sommes cruels de faire porter cette responsabilité à nos animaux de compagnie qui même avec l'intelligence qu'on veut (de force) bien leur prêter ont une théorie de l'esprit bien limitée tout de même. Laissons-les tranquilles au lieu de leur parler de nos problèmes, de les caresser selon notre bon vouloir, de les considérer comme des paliatifs à tous nos manques ou à toutes nos amertumes.

Alors rendons à César...Dispensons notre amour d'abord à l'humain, parlons-lui écoutons-le, réconfortons-le, accueillons-le et cessons de demander à notre animal de combler le vide qui est en nous !

La plupart d'entre vous qui lirez ce billet allez probablement me répondre que l'un n'exclut pas l'autre. Je les en félicite. Cet article est alors destiné aux autres...

De même, certains feront part de leur expérience de l'animal-aide (chien guide d'aveugles, par exemple, ou présence de l'animal auprès de l'enfant autiste), c'est à mon sens un cas un peu particulier et ce n'est pas le propos du billet. D'autant que la relation entre une personne handicapée et son chien-aide fait l'objet d'une "formation" où l'éducateur définit précisément les contours de la collaboration entre la personne et l'animal. Cette exception n'a rien à voir avec mon propos, je pense que vous l'aurez compris.

Valérie

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11 mai 2017

Autisme: les dérives du CRIT'Air chez le jeune autiste !

Pour ceux qui se rendent régulièrement ou qui habitent aux abords de la Capitale, ces nouvelles (imposantes) vignettes autocollantes ne leur sont certainement plus inconnues:

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Théophile a adhéré au principe immédiatement. Tellement que maintenant, il fait les trajets en repérant tous les CRIT'Airs sur les véhicules et en annonnant sans fin et tout haut : "un, trois, deux, un, quatre..." Remarquez, un moment, le vrai défi, c'était de trouver un véhicule avec un CRIT'Air 5 (très rare !!!). Même moi, je me suis laissée prendre au jeu mais le repérage rendait ma conduite "à risques" (au moins autant que de téléphoner au volant, croyez-moi...). J'ai abandonné rapidement cette chasse au trésor !

En moyenne, nous faisons entre 200 et 700 Km par semaine pour ses prises en charge dans notre véhicule estampillé CRIT'Air 1, et cette actvité de repérage laisse peu de place au dialogue. Quelquefois nos conversations s'apparentent même à vrai un dialogue de sourds. Je parle et j'entends "un". Je prends ça pour une interrogation, dans le genre "hein, qu'est-ce t'as dit ?" (au lieu de "comment" au passage !). Et ça continue : "hein quoi ?". Avant que je ne m'aperçoive qu'en réalité, Junior ne me pose aucune question mais vient de repérer un véhicule qui arbore juste un CRIT'Air 1... Et évidemment plus nous avançons vers la Capitale, plus son débit de parole s'accélère. En Province, ces CRIT'Airs sont encore une espèce rare...(heureusement !)

Alors si le principe de prévoir une restriction de circulation les jours de forte pollution est intéressant (même s'il y aurait beaucoup à dire sur le fait que certains camions se targuent d'un CRIT'Air de 2...comment est-ce possible ?), ce n'est de toute évidence pas forcément un bon plan pour les familles d'autistes. L'autiste adore répéter, répéter inlassablement...alors là, c'est du pain béni pour Théophile. Durant un seul trajet et à l'arrivée, il a pu me récapituler le nombre de véhicules croisés puis me détailler leur nombre dans chaque catégorie (l'occasion de quelques statistiques au passage au retour, rien n'est tout à fait perdu). J'étais bluffée et pire, j'ai surtout réalisé que mes propres paroles s'étaient perdues dans le vide !

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Alors comment fais-je maintenant pour le détourner de cette activité "parasite" ? Un truc fort méchant mais ça marche... Je lui parle du programme du nouveau Président élu. Je commence par quelques notions sur l'économie de marché puis j'enchaîne sur la concurrence et ses dérives et je termine par la notion de précarité. Ardu ? Je veux... Lui, il continue de scuter l'horizon et à annoncer les numéros des vignettes jusqu'au moment où je demande : "C'est bon, tu as tout compris ?". Là, j'entends bien un "hein ?". Ok, je recommence (on ne panique pas, ça fait partie du plan) : économie de marché, concurrence, précarité (les mécanismes boursiers et financiers, ce sera pour la prochaine fois, pas tout en même temps, hein ? En même temps, j'attaque en douceur le programme d'économie de la classe de Seconde)... Et là, j'annonce :"Ecoute bien parce que demain matin, tu devras m'expliquer tout ça..." La perspective d'un exposé sur un sujet pas très emballant fait son effet. Du coup, il écoute ! Bon bien sûr, je ne peux pas passer tout le trajet à parler de thèmes aussi rébarbatifs mais ça marche du tonnerre...

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Je me rappelle que gamine, je comptais les arbres sur le bord des routes durant les longs voyages en voiture (je ne pense pas être la seule) mais je le faisais dans ma tête, c'est là toute la différence. Dans le cas de Théophile, la notion d'activité "parasite" continue de lui  échapper donc il égraine tous les numéros à voix haute et plus rien d'autre n'existe. Et même si aujourd'hui, nous sommes habitués à ce type d'activité, il est nécessaire de rester vigilants et de repérer le moment où il est utile de pointer cette manie afin d'empêcher qu'elle ne devienne trop envahissante.

Alors la planète remerciera (peut-être) les concepteurs des CRIT'Air mais les parents d'enfants autistes ont tout loisir de s'interroger sur les effets pervers de ces vignettes !!!

LaMaman

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