Théo m'a Lu Anne !

01 février 2018

Neige donc...lecture : Gains de Richard Powers.

Après 3 mois remplis de neige, je crois que je n'ai jamais autant lu de ma vie... MétéoFrance annonce du grand froid pour la semaine à venir donc on sait ce que nous allons faire (ou ce que nous continuerons de faire plus précisément). Petites images juste pour vous faire grelotter (il fait tout juste 2°C ce matin au soleil, on attend des -10°C prochainement toujours selon météofrance). Une bonne tasse de thé, un bon feu dans la cheminée et un bon bouquin, on y va !

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Quelle lecture donc à vous proposer ?...

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Sur la couverture, ce sont bien...des savons !

Alors pourquoi ce livre ?

1) D'abord parce que j'avais déjà parlé de l'auteur ici et de son excellent "Le temps où nous chantions" qui parlait de musique sur fond de ségrégation raciale (ou l'inverse). J'ai donc eu envie de poursuivre... Celui-ci est de la même veine, histoire très documentée et écriture fouillée (parfois un peu complexe mais comme je l'ai déjà dit, l'auteur est tout à la fois, scientifique, philosophe, compositeur de musique, écrivain et professeur de littérature. De fait ses livres explorent des univers très nombreux et pas toujours simples). 

2) Parce que j'ai entendu à la radio qu'un fonds d'indemnisation pour les victimes des produits phytosanitaires allait voir le jour en même temps que Paul François ( et ) perdait son procès en cassation face à Monsanto. Or ce livre parle très exactement de cela (pas de ce cas en particulier mais soulève la question du "comment en on est arrivé là ?").

Résumé : 

Précision: il s'agit là de deux histoires bien distinctes qui finiront par se recouper, c'est une structure de récit très intéressante et efficace. Ces récits s'entrecroisent, chaque chapitre faisant la part belle tantôt à l'un, tantôt à l'autre.

La première histoire évoque le destin de la famille Clare dès 1830 dans la ville de Lacewood. Jephthah, premier du nom, est à l'origine de la création de la multinationale Clare qui au fil du temps va essaimer dans tous les Etats-Unis des usines de comestiques, produits phytosanitaires, produits agro-alimentaires... Au mépris de la santé des habitants en déversant des substances dangereuses dans les cours d'eau, en commercialisant des produits dont la totale inocuité n'est pas prouvée, bref...c'est avant tout une affaire de gros sous. On suit l'évolution de cette famille et de cette entreprise sur 250 ans. On y découvre les évolutions d'une firme qui découvre les mécanismes boursiers, la spéculation et ses dérives, les droits syndicaux, les prises de pouvoir, les fusions-acquisitions... On découvre aussi comment ces firmes gigantissimes dont l'obsession est avant tout d'absorber tout concurrent potentiel se débrouillent pour tout noyauter et s'éviter ainsi toute forme de contestation : participation à la vie de communes par la création de structures scolaires, de loisirs, d'aides aux personnes âgées, de subventions (ou pots-de-vin) aux mairies...tout est bon. On assiste à l'avènement du chemin de fer, des moyens de télécommunications, de l'ordinateur, des procédés de production toujours plus performants et donc rentables, de l'éclosion d'un mouvement de protestation ouvrière (même si on est au USA et qu'il sera vite tué dans l'oeuf !)... C'est d'un point de vue historique et économique un livre très instructif. Pas de panique, cette partie se lit vraiment comme une "saga" familiale et sa lecture reste agréable.

La seconde histoire est plus grave : Laura, agent immobilier à Lacewood, quadra divorcée avec deux ados, apprend qu'elle est atteinte d'un cancer des ovaires. Elle n'a jamais fait le lien entre l'apparition de sa maladie et le rejet par Clare Industries de substances toxiques. Avant le diagnostic, Laura ne se souciait aucunement de Clare et de ses dangers. Maintenant Laura est fatiguée, elle s'inquiète pour ses enfants (qui sont encore jeunes), pour son avenir professionnel (elle va devoir abandonner son travail : un cancéreux ne "présente" pas bien, il doit "respirer" la santé. On aura la délicatesse de lui préciser que c'est pour son bien ; dès qu'elle ira mieux, sûr, elle pourra réintégrer l'équipe !). Puis viennent les traitements lourds (décrits par le menu détail, rien de morbide là-dedans, c'est juste indispensable  pour comprendre les angoisses des malades ; douleurs physiques et tourments psychiques que le corps médical préfère ignorer ou balaie d'un revers de main). Cyniquement, on découvre que certains de ces traitements sortent tout droit de la branche pharmaceutique de Clare. L'ex-mari de Laura lui souffle l'idée de porter plainte (avec d'autres victimes) contre la multinationale et on suit alors le long cheminement d'une femme malade qui trouve la force (pour ses enfants) de se renseigner sur sa maladie, de déterminer ce qui a bien pu l'induire puis qui enfin se décide à ajouter son nom à la longue liste des plaignants... 

Le lien entre les deux récits devient alors visible même s'ils ne se réjoignent jamais totalement. Laura ignore tout de l'histoire de la multinationale Clare (hormi le fait qu'elle est omniprésente dans la ville) et Clare ne connaît pas Laura (qui n'est même pas une de ses salarié-es, juste une victime collatérale). Comme pour bien mettre en évidence qu'une multinationale n'a que faire de vous, de nous et qu'elle n'obéit qu'à une logique purement mercantile. L'humain n'est pas compatible avec son but final : faire des profits, arroser les actionnaires, mesurer sa puissance sur les marchés en anéantissant la concurrence. C'est la prouesse de Richard Powers d'avoir réussi une telle confrontation sans que les personnages ne se côtoient : un récit instructif, didactique presque d'un côté (ainsi lorsque nous aurons compris que les fabricants de pâte à tartiner, de corn-flakes, de couches culottes, de produits d'entretien en tous genres avec parfums de synthèse et autres substances toxiques ne nous veulent pas du bien, nous aurons fait un grand pas) et une histoire plus personnelle et émouvante de l'autre. La démonstration des déviances de notre société de consommation et de ses conséquences sur notre santé est éloquente sans que l'auteur ait jamais besoin d'user une écriture à la tonalité trop vindicative (qui, à mon sens, aurait été moins effcicace). D'une certaine façon, Richard Powers nous invite juste à bien y réfléchir. Je vous conseille donc vivement cette lecture si ces sujets vous intéressent. 

Editions 10/18 - n° 4720 - 619 pages

A lire donc même si pas de neige !...

Bonne lecture. La Maman. 

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Autisme : travailler les mathématiques avec un autiste !

Les mathématiques n'étaient pas un domaine que nous avions choisi de privilégier. Trop d'autres choses à travailler plus prioritaires.

Apprendre à compter et à calculer, c'était déjà bien et ça n'a pas été facile au départ. Jusqu'au moment où des exercices à répétition sur les nombres décimaux (trouvés sur le site du Petit Roi et très bien faits) m'ont laissé entrevoir que peut-être Théophile était fin prêt pour la grande aventure mathématiques.

Les choses se sont accélérées et même si bizarrement la géométrie reste un point douloureux (il a pourtant toujours d'excellents résultats aux tests de QI pour tout ce qui est "spatial", les consignes, règles et autres le dépassent toujours. Les mémoriser, c'est bien, les comprendre et savoir les utiliser à bon escient en est une autre), tout le reste passe (pas sans crispation non plus parfois mais on y arrive).

Je peux depuis quelques temps le faire travailler sur des supports directement piochés sur le net (et ce n'est pas ce qui manque !). Auparavant, je devais tout remettre en forme et imprimer des exercices présentés en gros caractères et décomposés pour faciliter la compréhension. Très chronophage mais ça n'a pas été inutile...

Du coup, nous travaillons à partir de sites très progressifs, très clairs et qui affichent des tonnes d'exercices sur un même thème : l'autiste aime la répétition, on le sait. Ces sites sont donc pour nous une vraie manne. Les voici :

- Le site MATHS FICHES LIBRES : c'est un site canadien. Pas de grosses différences sauf peut-être sur les fractions et encore... Toutes les fiches sont proposées au format PDF, imprimables et corrigées. Elles proposent une présentation très aérée, Théophile a apprécié. Tous niveaux (même si pas franchement détaillés mais très progressifs). Calculs en tous genres toutes opérations, apprentissage de l'heure, convertisseur d'unités, sudoku, calcul mental et même des activités pour les jours fériés (enfin canadiens !). 

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- Le site TOUPTY.COM : Site français complet et vraiment clair. Fichiers en PDF également . C'est de loin notre préféré, Théophile a beaucoup travaillé avec. Vous y trouverez également du français, des jeux de mémoires, de logiques, des coloriages pour les plus jeunes...

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- Le site MATHOVORE : (anciennement Mathenpoche, si j'ai bien compris) Celui sur lequel nous travaillons en ce moment. Tous niveaux collège et lycée (avec des révisions de Brevet et bac S). Des exercices en pagaille, des QCM, des contrôles, des tests de logique... Fiches en PDF également. Seul hic : il faudra vous inscrire (avec adresse mail) pour accéder aux corrigés. Mais vos données ne seront pas divulguées ni vendues.

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Ici, nous avons arrêté l'achat de manuels toujours plus chers d'année en année. Nous n'utilisons que des sites gratuits comme ceux présentés ici. D'autant que je ne peux pas dire : "Théophile a tel niveau" ou "Théophile est en classe de...". C'est très variable selon les matières ou les domaines donc j'ai besoin de supports variés, clairs et tous niveaux. Les manuels scolaires font toujours référence à une classe. Inutiles donc pour nous.

Contre toute attente, grâce à ces sites, Théophile est aujourd'hui capable de développer, factoriser des expressions littérales, résoudre des équations et inéquations, effectuer des calculs complexes avec des fractions à simplifier et même à résoudre des systèmes d'équations du premier degré à 2 inconnues. C'est encourageant pour la suite et ça démontre l'efficacité de ces sites (certains proposent même des fiches de cours). Et cerise sur le gâteau, il a du coup fait beaucoup de progrès dans beaucoup d'autres matières en développant sa logique et sa compréhension (même si dans ces domaines, il reste beaucoup à faire).

Alors après, une leçon de maths avec un autiste, c'est toujours plus long : il faut faire avec le tripotage des cheveux (que nous mettrons sur le compte de l'autostimulation...habituelle en état de stress), les ruptures d'attention (on se repasse une histoire drôle en boucle dans sa tête, on réfléchit à ses pronostics de fin de semaine pour son Loto sportif - j'en reparlerai, une bonne trouvaille encore !). Bref, tout ça prend du temps et difficile de compter, de réfléchir, de se coiffer, de prévoir...tout ça en même temps. Zen attitude de rigueur !!!

Bon courage. LaMaman

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27 janvier 2018

IEF et bac français : une idée de lecture !

Dans les corpus (listes) de textes présentés au bac, on retrouve souvent Louis Ferdinand Céline avec Voyage au bout de la nuit, Jean-Marie Rouault avec Les champs d'honneur, Jean Giono avec Le grand Troupeau ou encore Henri Barbusse avec Le Feu...Vous pouvez retrouver ceux-ci et bien d'autres ici. Certes incontournables, il y en a tout de même de plus ou moins réjouissants. Le sujet n'est pas gai : la guerre de 1914-1918 ! Alors comment allier émotion, drôlerie et culture ? 

En lisant Au Revoir là-haut de Pierre Lemaître. Inclassable, on peut toutefois l'inclure dans la rubrique "roman picaresque" ou même "roman d'apprentissage". Cela dit, ne nous exonérons pas des lectures citées plus haut, elles  auront la fonction principale de compléter votre culture historique. Parce que n'envisagez pas  le bac comme une simple succession de matières indépendantes les unes des autres, ce serait une erreur. Voyez ça comme un tout (quelle que soit la série d'ailleurs, enfin tant qu'elles existent encore) : tous les morceaux doivent se recoller, ça favorise la mémorisation et ça améliore la cohérence du propos (écrit ou oral).

Pour consulter l'analyse complète du livre, c'est  ici et un exemple de dossier pédagogique sur le film (complet et très bien fait pour tous les niveaux de la 4ème à la Terminale), c'est

Alors Au Revoir là-haut est paru en 2013, a raflé le Prix Goncourt et s'est écoulé à 1 million d'exemplaires. Toutes ces gratifications sont largement méritées. C'est un excellent ouvrage qui évite l'écueil de l'ennui, pas si courant !

Si vous ne passez pas les épreuves anticipées de français du bac, lisez-le tout de même, ce sera un grand moment de lecture. Le deuxième volume de cette trilogie Les couleurs de l'incendie est sorti en octobre 2017 de quoi prolonger cette passionnante lecture. Le troisième volume est en cours d'écriture.

Résumé :

L'armistice est prononcé le 11 novembre 1918 à 5h du matin mais il ne sera effectif qu'à partir de 11h (source : journal Mon Quotidien piqué à Junior). Faut signer, ratifier... Ce sera le labs de temps juste nécessaire pour faire 11 000 nouvelles victimes parmi les poilus encore vivants (toutes natonalités confondues). Ah, l'Administration ! 

De qui et de quoi parle-t-on ici ? D'Albert Maillard (le pauvre) et d'Edouard Péricourt (le riche), en poste dans leur tranchée et qui attendent la fin de la guerre. Ils ont bien entendu circuler le mot "d'armistice" mais ils sont prudents : ils ne devaient partir que pour quelques semaines au départ juste le temps de coller une bonne râclée aux boches et retour. 

Et puis les nouvelles n'arrivent pas vite jusqu'aux tranchées alors on continue de se battre. Les hommes sont épuisés, malades, suicidaires mais les gradés, eux, ont encore de la ressource. Un certain capitaine d'Aulney-Pradelle, crapule notoire, les envoie donc pour un dernier assaut, histoire de finir en beauté. C'est un carnage : Albert termine enseveli (poussé volontairement dans un trou d'obus par Pradelle) et Edouard se fait emporter la mâchoire inférieure (son visage ne sera plus qu'un trou béant qui lui donnera juste le loisir de créer des masques délirants pour cacher cette "horreur". Très importants les masques dans le récit !). Et comme si cela ne suffisait pas, sa jambe est en lambeaux. Il pourrait se laisser mourir là mais il entend Albert et avec ses dernières forces parvient à l'extraire de sous la terre. Tous deux seront alors comme les deux doigts de la main, amis pour la vie, frères de sang et de combat.

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Edouard, rejeton d'un homme puissant et donc richissime refuse de retourner dans sa famille (son père l'a toujours rejeté, Edouard est trop efféminé, il a des "amis", qui plus est c'est un artiste, ç'en est trop pour le vieux Péricourt). Albert va donc le faire passer pour mort (avec la pagaille administrative de l'après-guerre, ce n'est pas très difficile), il va lui voler une nouvelle identité dans des conditions rocambolesques. Désormais Edouard Péricourt sera Eugène Larivière...

Vient se greffer une escroquerie aux monuments aux morts (toutes les communes rêvent d'en posséder un alors pourquoi se gêner ? Rassurez-vous, c'est totalement fictif et inventé par l'auteur pour les besoins du roman). Ajoutons-y une arnaque aux cimetières militaires (bien réelle celle-là par contre, vous serez mi-amusé-é, mi-écoeuré-e par l'ingéniosité en même temps que la cruauté de certains à profiter de la détresse des familles de poilus endeuillées) et vous avez les ingrédients d'un roman à la fois historisque et populaire (dans le sens mélioratif du terme). 

Pour le reste, c'est dans le livre !

Alors ce livre, ce serait en quelque sorte les dessous de l'après-guerre. La prouesse de l'auteur c'est que sans jamais cesser de nous émouvoir, il arrive sans effort à nous faire rire là où on ne devrait peut-être pas (c'est très transgressif quelque part !) et du coup, ce récit est bien plus efficace que d'autres sur le sujet (de "ceusses" qui nous sont tombés des mains parce que tellement ennuyeux).

Des personnages dont les descriptions sont de vrais exercices de style, qu'ils soient des héros ou de véritables escrocs, l'alternance de chapitres qui s'intéressent tour à tour à chacun des personnages ou chacune des "affaires" tout en maintenant une totale cohérence dans l'avancée du récit, des faits historiques avérés ou fictifs (mais auxquels on croit tout de même), l'évocation de la guerre avec ses grandeurs et ses petitesses, le salut de l'auteur à la résilience des populations au lendemain de la guerre (*) font que vous serez totalement embarqués...c'est magistral. Et au final, on applaudit aussi aux trésors d'inventivité des uns et des autres pour tenter de se reconstruire après tant d'horreurs et de restrictions. 

Pierre Lemaître comme pour s'excuser d'avoir écrit un si réussi ouvrage prétend avoir "emprunté" à Marcel Ajar, Michel Audiard, Victor Hugo, Carson Mc Cullers et bien d'autres. "Suis d'avis" qu'il n'avait pas besoin de tout ce monde; ce n'est pas un novice même si c'est vrai, sa spécialité, c'est plutôt les polars. Là, c'est tout simplement du très grand Lemaître.

Incontournable donc !

Et vous pourrez vous intéresser également à la BD tiré du livre (très réussie, paraît-il):

Et pourquoi ne pas aller au cinéma voir l'adaptation cinématographique du roman (deux millions d'entrées et toujours sur les écrans) et réalisée par Albert Dupontel (celui-là même qui avait adapté La Maladie de Sachs - en 1999, livre de Martin Winckler) : 

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Si vous souhaitez entendre Pierre Lemaître parler de ce film, c'est ici ou évoquer son nouveau livre Les couleurs de l'incendie, c'est .

Mais inutile de passer ou re-passer le bac pour se réjouir de ce pur moment de lecture... Pour ma part, j'ai adoré !

La Maman

(*) La Première guerre mondiale a fait entre 15 millions de victimes officielles (militaires et civiles) mais des historiens évoquent le nombre de 65 millions si l'on y inclut les 40 millions de morts de la grippe espagnole survenue aux lendemains de la guerre. Elle figure donc à la 5ème place du classement des guerres les plus meurtrière de l'Histoire (la première étant la Seconde Guerre mondiale). Voir ce classement ici.  

Bonne lecture.

LaMaman

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24 janvier 2018

Les particularités de l'ado autiste (4): ne craignez pas de vous balader avec un épouvantail !...

L'ado "ordinaire" se balade avec un jean troué, le cheveux en bataille et le tee-shirt "rebelle" sans oublier les baskets aux lacets inutiles et le blouson étriqué (sans doute pour souligner une encore trop discrète musculature)... Ajoutez-y les accessoires : les lunettes qui lui bouffent le visage, la mini-pochette négligemment jetée sur la hanche, le smartphone greffé aux mains, le casque audio gros comme deux fois la taille d'une oreille. J'en oublie sûrement mais déjà là, la panoplie n'est pas mal !

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Ne soyons pas dupes, cette apparence négligée qui désolent tant de parents est au contraire le résultat de très nombreuses heures de préparation. Le gel dans les cheveux, la soin apporté au choix de la couleur des montures de lunettes, les lacérations dans les jeans identiques d'un pantalon à l'autre (c'est la machine du fabricant qui les fait ou si c'est fait maison, merci les tutoriels sur le net !), les chaussettes toute "mini" mais néanmoins très "mode"...c'est beaucoup d'heures de prise de tête pour l'ado ordinaire, quel calvaire ! 

On se moque mais bon, faut bien s'affirmer et surtout soigner sa "popularité" ! Ca doit être très énergivore et je plains ces jeunes que le groupe contraint "d'avoir (toujours) l'air" et sutout de toujours "ressembler à"... Faudrait quand même qu'un jour quelqu'un leur dise "Rompez !".

Alors avec un ado autiste, c'est tout le contraire. N'espérez pas vous balader avec une gravure de mode, un catalogue dispendieux de tenues pas toujours confortables mais qui assurent à l'ado d'être à coup sûr "intégré", 'trop cool, fun...". L'autiste ne rêve pas d'être adulé ou de mourir...

Non, non, avec l'ado autiste, vous vous baladerez juste avec un truc qui ne ressemble à rien et qui en sus s'en contrefout royalement !

Pas à la mode ? C'est quoi, ça, la mode ? 

Lui, il aurait bien gardé toute sa vie sa barboteuse si vous n'aviez pas eu l'idée un jour de lui glisser non pas qu'il est un tantinet ridicule atypique mais que sa tenue est devenue un peu juste, étroite, élimée, passée de couleur... Bref, qu'il faut en changer et fissa de préférence !

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Alors on a droit à tout :

- Les joggings informes, bleu marine (sinon rien) et élimés. En fin de vie, ils seront évidemment transformés en bermuda - c'est pas une blague ! - par LaMamie, histoire de pas gâcher et de pouvoir se lover encore quelques temps dans les joggings adorés, usés jusqu'à la corde.

- Côté chaussures : des baskets rapidement trop petites (c'est un ado) et qui vous contraignent chaque fois à d'âpres négociations sur l'éventualité de les jeter (c'est le seul moyen pour qu'il ne les mette plus quitte à le fâcher très fort) et de les remplacer par un modèle très, très ressemblant (là c'est compliqué, les modèles ne résistant pas à la conception de l'espace-temps d'un autiste toute personnelle et sans rien de commun avec les conceptions "marketing" qui font plutôt dans l'éphémère). On aura soin de prévoir une voire deux pointures de plus pour espérer ne pas avoir à supporter de sitôt la (re)déception de Junior, déception qui vous arrache le coeur, cela va de soi. 

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- Les polaires : ça, il adore...c'est tout doux, confortable et ça dure. Parfois, ça bouloche, les couleurs deviennent lavasses, là encore, la grande classe ! 

- Les manteaux : ou plutôt, je devrais dire "le manteau". En fait, l'autiste met le même manteau tout l'automne et l'hiver et, cela va sans dire, plusieurs années de suite. Bien sûr, il lui échappe que les manches ne couvrent plus ses poignets, qu'il lui faut tirer sur le dos du manteau pour arriver à couvrir sa tête avec la capuche et que les poches lui arrivent à hauteur du nombril. Après ça, évidemment, je ne m'étonne plus qu'on nous regarde bizarrement (lui, si). Là encore, ça vous brise le coeur mais il faut le convaincre d'en changer pour passer (enfin) inaperçu (c'est bien sûr un argument de poids, l'autiste a horreur d'attirer l'attention).

- Le couvre-chef - l'écharpe - les gants : dans la région, ce ne sont pas des accessoires "tendance" , ils font juste partie du kit de survie. Là, c'est chapka et écharpe total dépareillées, à peine attachées, nouées, ça pendouille, ça godaille et croyez-moi, il n'y a pas recherche de la moindre apparence "tendance négligée" là-dedans. En ce qui le concerne, ce n'est absolument  pas travaillé. Il faut préciser que Junior a du mal à appréhender les différences de températures. Il n'est hypersensible ni au froid ni à la chaleur, - c'est une particularité des autistes - ce qui nous oblige à veiller à ce qu'il se couvre sffisamment ou au contraire qu'il se déleste d'accessoires moins utiles dès les beaux jours (ça ne lui vient pas toujours à l'esprit et parfois même se séparer d'un vêtement le temps d'une saison est pénible pour lui).

Bon , je vous fais grâce des bottes de montagne avec le jogging difforme, le manteau trop court (il en a un autre en stock tout neuf, à la bonne taille mais...non, c'est celui-ci qu'il veut) et les oreilles de chapka qui s'agitent frénétiquement de chaque côté du visage : c'est sa tenue du moment. Pas de photo non plus par égard pour lui. Nous, on a fini par s'y habituer et si ce n'était les regards "bizarroïdes" (c'est son mot) qu'on nous lance, on n'y ferait même pas attention ! Même si parfois son accoutrement est tout de même plus que cocasse...

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Epouvantail, disais-je... mais naturel ! Et j'avoue que cela a un énorme avantage : on ne passe pas trop de temps dans les magasins. De toute façon, ce serait pénible pour lui d'être une "fashion victim". Les lumières, le bruit, la foule, l'attente à la caisse, les regards...

Alors je ne sais pas ce qu'il sera ou fera plus tard, ni où il vivra mais une chose est sûre, il ne pourra pas se plier à l'intransigeant(e) "tenue correcte exigée" .

Bonne lecture. LaMaman 

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23 janvier 2018

IEF (ou autres) : un nouveau site et une box à ne pas manquer !

Quel enfant n'a pas rêvé de recevoir chaque mois une histoire inédite accompagnée d'un dossier regroupant de multiples activités et jouant sur la transversalité ?

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Je viens de découvrir cette possibilité et j'ai vraiment trouvé cette idée gé-nia-le !

Et cette idée, elle est là, sur le nouveau site d'Isa Lise "Des ailes pour apprendre". Alors c'est plus qu'un site, c'est une entreprise qui, je l'espère, connaîtra le succès qu'elle mérite.

La créatrice des blogs "Apprendre avec bonheur", "Cultitalents", auteur de plusieurs ouvrages portant sur des sujets variés (l'école à la maison, la mémoire, les dys...) est à l'origine de cette initiative qui, j'en suis certaine, en intéressera plus d'un-une et pas seulement les familles IEF.

Cette offre est avant tout destinée aux 5-11 ans mais nous le savons, même les plus grands ne dédaignent pas de travailler sur des dossiers de qualité ! Alors l'idée est simple (encore fallait-il y penser) : ainsi via un abonnement au trimestre ou à l'année (possibilité aussi d'acheter les dossiers à l'unité), votre enfant recevra au format PDF dans sa ou votre boîte mail :

- une histoire inédite (20 à 30 pages) - la première box parlera du Nouvel an lunaire

- un fichier d'activité (50 à 60 pages) comprenant des activités de géographie, de sciences, de culture, de mathématiques, de bricolage, d'arts, des notions de langues étrangères....

Vous pouvez vous abonner dès maintenant en cliquant ici. Tous les détails pratiques sont clairement indiqués : contenu de la box, périodicité, tarifs, bonus...

Ce qui m'a plu dans le projet (tel que présenté par sa créatrice) :

  • Une box complète et évolutive
  1. Une histoire d'environ 20 à 30 pages (format A4).
  2. Une box à thème : un thème par mois, des activités transversales en lien avec l'histoire
  3. Des activités pour tous (50 à 60 pages A4 environ).
  4. Des activités de différents niveaux afin que l'enfant puisse évoluer à son rythme unique et personnel.
  5. Une box conçue pour développer l'autonomie avec des invitations à penser par soi-même et à gérer ses émotions.
  • Des activités variées
  1. Découvertes et défis en géographie
  2. Découvertes et défis en histoire ou culture locale
  3. Apprendre et jouer en français
  4. Découverte scientifique
  5. Apprendre et jouer en maths
  6. Créer un objet
  7. Créer une oeuvre d'art
  8. Réaliser une nouvelle recette tous les mois
  9. Découvrir de nouveaux mots dans une autre langue
  10. Apprendre à identifier et gérer ses émotions
  • Une box adaptée aux profils particuliers

Une box conçue pour attirer les petits curieux, développer la curiosité et l'autonomie de chacun à partir d'un thème donnée. Elle est donc particulièrement adaptée aux enfants à haut potentiel. Une box entièrement adaptée aux enfants en difficulté d'apprentissage, en particulier aux enfants dys. En effet, explications, choix des polices, des formats, tout a été pensé afin qu'ils puissent également les utiliser !

 

Alors n'hésitez pas, rendez-vous vite sur le site "Des ailes pour apprendre" et réservez dès à présent votre box  (à l'unité) ou ici  (par abonnement).

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A bientôt. LaMaman

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