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  Théophile à 9 mois !

En passant par le blog "Au bonheur d'Elise" qui est une vraie mine de renseignements pour nous parents d'un enfant autiste, j'ai pu visionner l'interview de Michel Onfray dans l'émission de France 2 "On n'est pas couché" du 13/11/2010.

Si cela vous intéresse, vous pouvez en faire autant en cliquant sur le lien suivant:

http://www.dailymotion.com/video/xfmm0d_onfray-vs-zemmour-naulleau-1-itw-onpc-131110-ruquier_news

Le passage qui nous intéresse ne dure en fait que quelques secondes mais il est important et je remercie ce monsieur dont la biographie (sur wikipédia) m'a éclairée sur ses propos:

 
Michel Onfray estime qu’il n’est de philosophie sans le bénéfice de la sociologie, des sciences et, il fut un temps, de la psychanalyse  : « Un philosophe pense en fonction des outils de savoir dont il dispose, sinon il pense en dehors de la réalité ».

 Inutile donc de vous préciser qu'au regard de cette courte biographie, je suis un tantinet d'accord avec sa conception de la philosophie et encore davantage de la psychanalyse. Psychanalyse dont il a abondamment parlé dans cet ouvrage (et que je n'ai pas encore lu mais ça ne saurait tarder!qui a suscité une vive polémique  dans le milieu psychanalytique :

" Le crépuscule d'une idole: l'affabulation freudienne" (Grasset éditions)


Présentation de l'éditeur:
 

Michel Onfray, cohérent avec lui-même, s'en prend ici à une religion qui, bien plus que les monothéismes qu'il pourfendait dans son Traité d'athéologie, semble avoir encore de beaux jours devant elle. Cette religion, c'est la psychanalyse - et, plus particulièrement, le freudisme. Son idée est simple, radicale, brutale : Freud a voulu bâtir une « science », et il n'y est pas parvenu; il a voulu « prouver » que l'inconscient avait ses lois, sa logique intrinsèque, ses protocoles expérimentaux - mais, hélas, il a un peu (beaucoup ?) menti pour se parer des emblèmes de la scientificité. Cela méritait bien une contre-expertise. Tel est l'objet de ce travail. Avec rigueur, avec une patience d'archiviste, Michel Onfray a donc repris, depuis le début, les textes sacrés de cette nouvelle église. Et, sans redouter l'opprobre qu'il suscitera, les confronte aux témoignages, aux contradictions, aux correspondances. A l'arrivée, le bilan est terrible : la psychanalyse, selon Onfray, ne serait qu'une dépendance de la psychologie, de la littérature, de la philosophie - mais, en aucun cas, la science « dure » à laquelle aspirait son fondateur. On sera, devant une telle somme, un peu médusé : Freud n'en ressort pas à son avantage. Et encore moins sa postérité – qui aura beau jeu de prétendre que si Michel Onfray conteste si violemment la religiosité en vogue chez les archéologues de l'inconscient, ce serait précisément parce qu'il craindrait de contempler le sien. Une « ouverture » biographique, semblable à celle qui précède chacun de ces essais, devance cette objection en racontant comment et pourquoi Michel Onfray a découvert - en vain - cette « science de l'âme » qui n'en est pas une.  


Bref, je vous en dirai plus une fois lecture faite de cet ouvrage (624 pages tout de même!) et je viens juste de découvrir également un ouvrage intitulé:

"Le livre noir de la psychanalyse: Vivre, penser et aller mieux sans Freud" de Catherine Meyer (aux Editions Les Arènes)

Présentation de l’éditeur:  

La France est - avec l’Argentine- le pays le plus freudien du monde. A l’étranger, la psychanalyse est devenue marginale.
Quarante auteurs parmi les meilleurs spécialistes du monde ouvrent un débat nécessaire. Pourquoi refuser en France le bilan critique que tant d’autres nations ont dressé avant nous ?
Le livre noir de la psychanalyse dresse le bilan d’un siècle de freudisme. Un ouvrage international de référence pour tous ceux qui s’intéressent à l’humain et au psychisme.

Re-bref, je n'ai pas lu l'ouvrage de monsieur Onfray mais je l'ai bien écouté et il m'a l'air sensé (l'auteur)!!!

Alors il a aussi parlé de nous, les parents d'enfants  autistes et ce qu'il a brièvement  avancé montre à quel point la psychanalyse a pendant des années fait un efficace travail de sape et qu'encore aujourd'hui, cette "pseudo-science" a bien du mal à se remettre en question.

Au hasard de mes rangements, je suis re-tombée sur un écrit de Françoise Dolto dont les propos me semblent mériter une petite mise à jour. C'était en 1989, dans un petit livre intitulé:

"L'échec scolaire -Essais sur l'éducation" (Pocket n°3414)

Le chapitre porte pour titre : "Autisme infantile".

petit extrait: (précision :NDLM = petites notes de la maman. Ces annotations valent ce qu'elles valent et n'ont rien de "philosophiques" ni de "psychanalytiques". Juste des humeurs!!!)

"L'autisme est un état qui, à son début, est un évitement, puis une perte prudentielle de relation avec l'entourage.(...) Il faut savoir qu'un enfant autiste est un ex-enfant précoce (NDLM: comment ne pas être d'accord, jusque là, tout va bien!) qui n'a pas eu à temps les éléments langagiers (on ne lui a pas parlé, ce qu'il percevait). C'est très difficile pour les adultes d'admettre que nous devons parler à un bébé qui vient de naître "comme à un égal", surtout pour tout ce qui le concerne et nous concerne à son égard (NDLM: je connais des tas de familles où l'on utilise un langage "débilisant" en s'adressant à un bébé et ça n'en fait pas des enfants autistes pour autant...).

Il y a des enfants entrés dans cette rupture de communication par accident. S'il n'y a pas trop longtemps, on peut, si les parents retrouvent l'époque - grossesse de la mère, fausse couche, absence de la mère ou du père pendant quelques jours, deuil familial, départ d'une personne sans que l'enfant en ait été averti, arrivée d'un animal domestique, ou mort d'un animal ou d'une personne, séjour à l'hôpital de l'enfant -, bref un évènement insolite dont l'explication n'a pas été donnée à l'enfant. (NDLM: potentiellement, ça fait quand même pas mal d'autistes!)

(...) L'enfant n'a en généralement rien manifesté, et c'est en 8 à 15 jours que l'autisme s'est installé (NDLM! Ah oui?) dont on ne s'aperçoit qu'après quelques mois.(...)

Ce sont les enfants précoces et les plus doués de sensibilité qui risquent de tomber dans l'autisme quand on le leur parle pas de tout ce qui les concerne, surtout les épreuves de séparation des personnes aimées et connues d'eux, quand on ne les traite pas en égaux.

(...)Quoique si des enfants autistes ne gênent pas les autres, leur place est aussi bien à l'école, mais comme auditeurs libres, dans des classes bien au-dessus de leur âge (NDLM: Une idée "Doltoïenne" dont l'EN ne s'est pas emparée,  curieux!). Ils entendent tout, et s'intéressent aux choses des grands et adultes plus qu'à celles des petits, où malheureusement on les cantonne, les croyant sourds et débiles. Ils n'ont pas de main industrieuses et, même s'ils savent lire et écrire, ils ne le montrent pas. Ils ne sont pas comme les autres, mais sont les plus sensibles et les plus intelligents de leur famille (NDLM: Françoise Dolto n'avait pas connaissance de l'idée toute simple d'un "spectre autistique" qui rend chaque autiste unique et qui réclame une prise en charge unique. Pas plus qu'elle ne devait connaître le syndrome d'Asperger - autisme de haut niveau- découvert très récemment. D'où une impression de théorie révolue qui nous interpelle aujourd'hui...)

L'autisme est le résultat d'un "malentendu", d'un "mal-vu", d'un "malcompris" soit un jour entre 4 mois et 9-10 mois entre un bébé et sa mère, soit d'une façon plus chronique entre un individu et sa famille, où il n'a plus la place qui lui revient, qu'elle qu'en soit la raison.

La psychanalyse fait beaucoup de recherches (NDLM: Oui, ça, on a vu!) et, en effet, c'est chez les tout-petits qu'on peut avoir le plus de succès thérapeutique, en travaillant avec la mère et l'enfant, avant que l'enfant n'ait élaboré tout un monde délirant, par-delà sa fracture du lien symbolique premier à sa mère, brisure dont il faut rechercher l'origine et parler la douleur qui ne s'est pas exprimée (NDLM: Cette thérapeutique a juste permis à des milliers de familles de tourner en rond pendant des années pour un résultat pas toujours à la hauteur des attentes).

En tout cas, ce qu'il faut retenir, c'est que ces enfants sont des hypersensibles, plus intelligents que le plupart des enfants de leur âge et que bien des adultes. C'est pour cela qu'ils angoissent, qu'ils gênent les autres, qui se sentent questionnées par ces créatures devenues étranges ( NDLM: je souligne ces quelques mots qui sont toujours très douces à l'oreille d'une maman qui n'a jamais considéré son fils comme une "créature étrange"!), toujours en parfaite santé (NDLM: Ben là, faut voir...), souvent belles ( NDLM: là, OK!), avec leur esprit ailleurs, muettement, et coupables de ne pas les comprendre, et de ne pas savoir leur répondre ni rester naturels avec eux.(...)

C'est fini!

Il est souvent pénible pour des parents d'enfants "différents" de lire de tels propos et à chaque fois, il me semble sentir encore un peu plus la douleur des familles que l'on a trimballées de psychiatre en psychanalyste sans que leur enfant ne revienne dans le "réel".
Françoise Dolto  a sévi durant des années (ainsi que d'autres comme Bruno Bettelheim, bien plus virulents encore) dans les médias sans que personne ne mette en doute  ses dires.

Aujourd'hui, de nombreuses questions sans (trop de) réponse viennent encombrer nos esprits: Que penserait la célèbre et médiatique psychanalyste de ses théories (dépassées) au regard des nouvelles découvertes scientifiques sur l'autisme? Aurait-elle le courage de revoir ses positions, de modifier sa doctrine, sa thérapeutique? Faudra-t-il que les scientifiques travaillent bien plus encore et bien plus vite pour que nous parents puissions ne plus douter sur les origines réelles de ce trouble "envahissant" (TED)? Est-il totalement et définitivement une affection neuro-développementale? Les cas d'autisme augmentent considérablement: les laboratoires à pied d'oeuvre n'ont-ils pas senti le marché juteux qui se profilait? Et quel avenir pour nos enfants qui eux n'ont que faire de ces discours et tergiversations? Et de nous parents qui parfois avons le sentiment de faire les frais d'une politique "sur le papier" mais peu suivie d'effets?

Alors si des personnes comme Michel Onfray peuvent faire à leur manière avancer le débat, alors oui (Mr Dupuis!), "s'il est avec nous, on est avec lui"!

Bonne (très longue) lecture.

LaMaman