Théophile était déjà au courant avant que nous ne prenions la décision de lui en parler. Pas sûr qu'il ait mesuré toute l'importance du geste et ses conséquences mais après tout, il n'a que douze ans...

Quant à moi, aujourd'hui, je suis Charlie  et probablement que je le resterai un bon moment. Dommage qu'il faille un tel drame pour nous rappeler que nous avons cette chance de vivre dans un pays libre et dans un état de droit. 

La nouvelle m'est parvenue par le biais d'un journal canadien en ligne. J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'une antenne québecquoise de Charlie et puis j'ai entendu qu'on avait tué Cabu et Wolinski et d'autres encore.... Des noms que je connais depuis que je suis en âge de raisonner, nos poils à gratter, qui nous apparaissent aujourd'hui comme nos philosophes (modernes) des Lumières.

Alors je me console avec le mouvement d'unité nationale enfin rendu possible, tout le monde vent debout, parlant d'une seule voix, sans (trop) de récupération politique. 

Faisons savoir que la liberté de penser, la liberté d'expression sont des valeurs fondamentales qu'il nous faut préserver, aujourd'hui avec encore plus de conviction qu'hier. Des libertaires ont payé de leur vie pour que nous nous le rappelions. Notre prise de conscience ne fera pas revenir tous ces journalistes engagés qui dénoncent à notre place afin que nous puissions continuer à dire, vivre et penser librement. Mais prenons garde de ne pas les oublier trop rapidement lorsque l'émotion sera retombée et que les caméras se seront braquées sur une autre tragédie. Restons Charlie très longtemps encore.

Dimanche, nous aurons la possibilité de leur rendre hommage et de redire notre attachement aux valeurs fondamentales de notre pays. Mercredi, nous pourrons nous procurer malgré tout le journal (exceptionnellement tiré à un million d'exemplaires). Ne nous en privons pas et rappelons que nous n'accepterons pas de vivre sous la terreur.

Nous aurons tous les jours suivants pour nous rappeler que la connaissance et la tolérance sont les seules garantes de notre liberté et du vivre ensemble et ce sur la planète entière. 

Les journalistes tués sont nos Diderot, Voltaire, Rousseau et tous les autres qui eux aussi ont en leur temps écrit, pris des risques, ont été persécutés ou censurés pour que nous soyons un tant soit peu éclairés et peut-être même un peu meilleurs. 

Alors peut-être serait-il temps de relire nos classiques et Charlie Hebdo. On y trouverait sans doute ce même refus de l'obscurantisme et du fanatisme. Dans des styles différents mais avec la même conviction et les mêmes éternels arguments (à ne jamais oublier).

Et pour finir, deux citations; l'une de Voltaire après la condamnation de Calas: " Ce sang innocent crie, et moi je crierai aussi ; et je crierai jusqu’à ma mort". et une autre qu'on lui a attribuée à tort:"« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. ».

LaMaman