Petit retour en arrière...

Dernier contrôle de l'inspection d'académie pour LaTroisième. On est en 2013 si mes souvenirs sont bons.Trois dames sont venues pour "contrôler" notre fille (on "inspecte" les profs mais on "contrôle" les familles, tout est dans la nuance!).

Dans ces cas là, invariablement, il ne vous faut pas plus de trois minutes pour distinguer les bienveillants des hostiles. Et avec l'expérience, on peut même réduire la durée aux trente premières secondes d'entretien.

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Ensuite, vous oscillez entre propos constructifs et petites phrases assassines selon que vous discutez avec les uns ou les autres. C'est tout un art...

Sauf que là, il est venu une enseignante de physique chimie pour qui, de toute évidence, un enfant instruit en famille est de fait inculte et en sus, il prend un plaisir pervers à se laisser glisser au fil du temps dans la fange de son ignorance crasse (avec l'aide assidue de ses parents, cela va sans dire). Un rien coincée dans le style du personnage de Madame Oleson dans "La petite maison dans la prairie". Je pensais jusqu'alors que cette typologie n'existait que dans l'imagination de scénaristes géniaux mais non, ce genre existe bien dans la vraie vie. je l'ai vu, de mes yeux vu. Forcément, ça braque d'emblée un peu (c'est une litote, je dirai même).

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Il n'est certes pas courant qu'une enfant qui n'a jamais mis les pieds à l'école et à qui on demande :"Que donnent du bleu et du jaune ?" (elle était alors d'un niveau fin de collège, je re-précise) et de qui on attend invariablement de produire la réponse stéréotypée "bah, du vert !" (et c'est tout mais...pour eux, ça veut dire beaucoup), il n'est donc pas courant, disais-je, que cette enfant se mette à improviser un court exposé sur les impressionnistes et leur utilisation des couleurs. Cela me rappelait l'anecdote qui voulait qu'à un concours véto un examinateur demande à un candidat :"Que savez-vous des nénuphars ?", que le candidat déballe son cours sur les nénuphars (biologiquement parlant) et lorsque l'examinateur poursuit :"Mais encore?", le candidat reste scotché, muet, aphasique (pas vu dans le cours, ni dans les annales, forcément, c'est problème). A l'arrière, dans le fond de la salle, une autre candidate (qui prépare son exposé prévu à la suite du candidat que l'on devine malheureux au final) se voit alors proposer la même thématique. Maligne et tout en réféchissant à la vitesse de la lumière, elle décide de proposer un autre éclairage en parlant de Monet et de sa peinture. C'est osé mais...bingo, note excellente, reçue au concours ! Je me dis qu'il est fou que l'on attende l'enseignement supérieur pour inciter les jeunes à réfléchir autrement (je veux dire intelligemment). Comme ce prof qui dit invariablement en début d'année à ses étudiants de Licence 1 :"Vous avez appris plein de choses durant vos années de lycée (sourires de contentement dans l'assistance). Oubliez-les vite et réfléchissez maintenant !"

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Les Nymphéas de Claude Monet (1920-1926)

L'IEF, ce serait un peu cela. C'est bien la raison qui fait que les programmes, on les suit (parfois de loin, pour certains) mais surtout on les aborde souvent très différemment. Et on les discute de manière constructive (cela s'appelle l'esprit critique).

Alors à un moment donné de l'entretien, la question essentielle (n'est-il pas ?) de savoir si la demoiselle va opter pour une série L (Littéraire) ou S (Scientifique) au lycée (enfin au niveau lycée) fuse - la question du choix d'une ES n'est même pas abordé; déjà à mon époque, c'était la section "misère", "par défaut", j'ai compris trente ans plus tard que cela n'avait pas beaucoup changé.

Seulement voilà, on est en fin de collège et pourtant, on n'en sait rien. La seconde est désormais une seconde générale, y a pas le feu, donc !

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Ah oui, mais il faut y penser, ça vient vite (quoi ? On n'en sait toujours rien non plus). L'élève est tenu de savoir et je ne parle même pas de la responsabilté des parents dans ce domaine. Que souhaite-t-elle faire cette belle enfant ? Ah...elle ne veut pas le dire...ben, pourquoi ?...quelqu'un est au courant ?...Oui, moi, sa mère...Et on ne peut pas savoir ?...Ben non !...C'est bizarre, ça...Ah, plutôt des études littéraires: une série L alors ?...On ne sait pas encore, c'est elle qui verra...Ah oui ?...Et pas de prépas ?...Non, la fac...C'est dommage...Vous trouvez ?...Ben oui, à ses enfants, on veut quand même donner le meilleur...

L'avantage que nous avons sur les parents d'enfants scolarisés qui se coltinent les profs toute l'année, c'est que nous savons que nous ne reverrons jamais ces personnes. Du coup, ça rend le propos moins choc et ça nous évite la crise d'apoplexie (je ne parle même pas des envies d'envoyer un bon uppercut mais bon, on est devenus philosophes au fil deu temps. Presque zens, quoi !) 

Bien avant cette date, je me permettais déjà d'envoyer avec le livret d'information à l'intention des inspecteurs(rices) un feuillet reprenant tous les états de service des enfants de la fratrie. Je recommande de le faire si vous avez des aînées, ça permet de s'éviter ce genre de propos et de pouvoir jeter un regard simplement affligé (et un rien condescendant au passage) sur la dite personne en s'interrogeant "je réponds ou pas à ca ?"

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Son  meilleur doit-il forcément être mon meilleur ?...Sujet de philo par excellence et en l'occurrence, à cet instant précis, sujet de désappointement pour moi. Il reste des profs bien formatés et le système apparaît encore bien rigide en ce XXIème siècle. Cela dit, en recrutant des profs avec des notes détestables au concours, il y a peu de chances que les choses s'améliorent dans l'immédiat. C'est sans doute ce que l'EN appelle le meilleur...

Crédits photo: capture d'écran de la série suédoise Real Humans

Alors oui, que dire pour répondre à ça ? Partir dans un grand délire philosophique pour tenter de parvenir à déplacer le curseur ? Pas le temps et sans doute pas trop l'envie non plus. La dame n'a vraisemblablement pas jeté un regard sur mon feuillet intitulé "Composition de la famille". Celui qui dit que même avec un bac S, on peut réussir tout aussi bien en fac d'Histoire, d'Etudes cinématographiques qu'en fac de Biologie. Bah non, ça ne se peut pas, hein ? Comment cela serait-il possible ? Et si, j'ai les preuves, y a qu'à demander !!!

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Ici, chacun a choisi son bac et n'a jamais considéré que préparer un bac scientifique revenait à s'arrêter de lire, de se cultiver, de s'informer...pour ne faire que calculer et appliquer. En des temps lointains, les matheux avaient des leçons "d'Humanités". L'IEF permet cela encore. Et nous ne considérons pas non plus que le bac S soit réservé à ceux qui "n'écrivent" que moyennement ou que le bac L soit une porte de sortie honorable pour ceux qui n'arrivent pas à retenir que 2 et 2 font 4 pas plus que le bac ES soit réservé à ceux qui ne savent ni lire, ni compter. 

Alors j'aurais pu rétorquer qu'un parent (pas plus que l'Education Nationale, du reste) n'a à imposer "SON" meilleur à ses enfants.Nous sommes là pour accompagner, guider, encourager, rien d'autre. Là, s'arrête notre mission. 

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Cette histoire est dernière nous maintenant et elle est pourtant d'actualité et même cruciale parce qu'elle démontre à quel point le travail à effectuer pour faire évoluer les mentalités sera encore bien long et bien difficile. Et encore...si on nous laisse le temps de l'accomplir. L'IEF vient de subir encore un coup de rabot sous prétexte de menace terroriste. Des familles parlent de quitter la France pour s'exiler en des terres moins hostiles. Gageons qu'il y aura des jours meilleurs!

Bonne lecture.

LaMaman