Je lis un peu partout des tas de choses sur le unschooling (pas toujours vraies, pas toujours très tendres) et fort justement, un blog sérieux rappelle que le homeschooling n'est pas forcément du unschooling (précision importante) et que le unschooling peut être une option sérieuse en matière d'apprentissages (et pas seulement une lubie d'une poignée d'allumés irresponsables comme seraient tentés de le croire certains - mal renseignés, cela va sans dire).

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Pour faire court, le premier serait l'acte "simple" de descolariser son enfant, le second celui de placer l'enfant au centre de ses apprentissages.

Ici, je dis souvent que nous avons navigué au gré des circonstances (examens ou pas, envie ou pas) et à peu près tout essayé. Mais le unschooling était resté une option un peu lointaine (et même que je gardais soigneusement à distance tout en l'observant avec un certain intérêt, je dois bien l'avouer).

Au risque de déplaire, je dirais que les cours par correspondance (que nous avons utilisé durant des années et des années) ont été pratiques et ô combien "rassurants". Les contrôles déjà bien assez stressants n'ont jamais été des moments de douleur et de conflit en partie parce que les supports présentés et les travaux des enfants bien conformes aux programmes officiels ont benoîtement rassuré les inspecteurs. D'autant que jusqu'en 2009, les enfants inscrits en CPC se passaient de contrôles pédagogiques (et sociaux) puisque considérés comme "scolarisés". Ah, c'était un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Oui, c'était le bon vieux temps...

Les aînées ont mangé du CPC sans rechigner. L'avantage qu'elles en retiraient était évident et tangible: une fois les devoirs terminés, il leur restait suffisamment de temps pour s'adonner à leurs passe-temps favoris.

Le premier changement s'est opéré 1) lorsque les mesures législatives se sont durcies (plus de distingo entre CPC et les autres). Tout le monde avait désormais son contrôle annuel !) 2) les CPC étaient devenus hors de prix. Et puis, nous avions assimilé les programmes par coeur alors nous avons considéré que notre expérience et notre recul étaient suffisants pour nous permettre de 1) choisir, trier et éventuellement concevoir des supports quelle que soit la matière à étudier 2) nous affranchir (enfin) des diktats de l'Education nationale.

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Le glissement s'est fait progressivement...et insidieusement comme tout le reste d'ailleurs et surtout très tardivement et de façon originale.

Nous avons ici ce que nous pourrions appeler une sorte "d'électron libre". Une chose qui ne vous donne pas toujours le sentiment de vous écouter mais qui vous entend et surtout qui "absorbe tout", une petite personne qui ne semble jamais vous contredire mais qui fait exactement ce qu'elle veut sans avoir l'air d'y toucher (du grand art !). Bien calée dans mon système CPC puis mon deuxième système mix (un peu de formel-un peu d'informel), j'ai été dérangée, bousculée, incitée à revoir mes fondamentaux et mes certitudes puis j'ai dû capituler.

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Il y a des enfants qui se coulent merveilleusement dans le "moule", qui s'y éclatent et c'est tant mieux pour eux. Pour moi, il n'y a pas de mauvaises méthodes en soi si elle convient à l'enfant. Là, cette petite chose a contournée le "système" établi. Déjà, elle n'a plus souhaité rendre de devoirs dans certaines matières (les plus littéraires). C'était ennuyeux (et un brin angoissant) d'autant que la jeune fille avait choisi depuis fort longtemps une filière très, très littéraire pour plus tard. Je passe sur les périodes de transition qui se comptent en années (et qui m'ont paru longues, très longues parfois) et où j'ai eu mon compte de palpitations, d'interrogations, où j'ai tenté (maladroitement) le fameux "lâcher prise" tellement tendance.

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Finalement, j'ai laissé à cette demoiselle le loisir de gérer seule son affaire. De l'auto-apprentissage où vous n'apportez que la matière (et encore pas tout, les enfants savent très bien s'en débrouiller seuls en fait ou réclamer ce qui leur est absolument nécessaire). 

Les (plages) horaires sont bannies (là, j'ai eu du mal à m'adapter, je l'avoue mais je lui ai envié ce côté libre et informel dans le déroulé d'une journée), les lieux d'apprentissages n'existent quasiment plus (enfin à la manière dont vous aviez grand soin de les définir avant - la jolie petite salle dédiée à l'étude avec tout plein de posters, de manuels, de crayons et stylos de toutes sortes). Les programmes sont auto-adaptés, expurgés parfois. Bref, on est dans une autre dimension. Et ô bonheur, on s'aperçoit que cela marche...pas mal et que surtout la somme de connaissances acquises devient exponentielle. 

Pour parler franc, la demoiselle a vu durant ces quelques annés plus de films que je n'en verrais durant toute ma vie, lu bien plus que nous ne l'avions fait à son âge, géré son bac, glandouiller lorsque cela lui a semblé opportun, cuisiné à l'heure où les autres planchaient comme des malades durant les horaires impartis à l'étude (et ça en énerve plus d'un (e), croyez-moi).

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J'ai été souvent dubitative lorsque se mettant au "travail" sur les coups de 10h30-11h, elle stoppait à 16h (heure du goûter sacrée !) puis plus rien...Du moins, c'est ce qu'on aurait pu penser en l'observant. Forcément, alors que le mot "farniente" vous traverse l'esprit, vous devez bien admettre que la demoiselle cogite, apprend, engrange, l'air de rien sans se presser. Oh, ça n'a pas toujours été des apprentissages formels utiles pour le bac, par exemple, mais c'était de la culture, des connaissances, de la réflexion, du raisonnement...tout ce qui ne relève pas forcément des "programmes", de la rigueur, de la discipline dont on nous rebat les oreilles sans fin. Mais remplacez tout cela par la curisoité, l'enthousiasme, l'envie quoi...et le résultat est détonnant.

J'ai découvert que le unschooling ne définissait pas de frontière entre les apprentissages et la vie (de tous les jours, courante quoi...). Tout devient connaissance. N'est-ce pas là le summum de l'éducation, de l'instruction ?

Aujourd'hui, mon regret est sans doute que le unschooling soit tant suspecté même parmi les homeschoolers (un comble !). Certes, il réclame que le parent s'adpate (et non l'inverse !), soit très présent sur tous les sujets susceptibles d'intéresser l'enfant, réponde aux demandes et aux souhaits de l'enfant. C'est déroutant, parfois anxiogène pour le parent (qui n'aurait pas été formé à ce type d'"instruction") mais je suis aujourd'hui persuadée que c'est une alternative sérieuse. 

Et puis la jeune fille est maintenant à la fac où elle se "balade" dans le domaine (très, très) littéraire qu'elle a choisi et où elle "s'éclate". Non, le unschooling pas plus que les CPC ou le mix ne mettent en danger les enfants (nous avons tout testé, je le redis !). Son seul dommage serait peut-être de fabriquer des enfants plus indépendants, plus libre-penseurs, moins conformistes. Rien de grave, donc...

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LaMaman