L'été est là, les vacances vous laisseront peut-être le loisir d'un bon bouquin. 

Je viens de finir celui-ci et je souhaitais le partager avec vous. Alors contrairement à ce que le titre de ce billet pourrait laisser supposer, on y parle pas d'autisme mais de schizophrénie. On a souvent confondu les deux par le passé et même si aujourd'hui, les autistes nouvellement diagnostiqués ne sont plus assimilés à des schizophrènes, je pense qu'il est bon et intéressant de bien comprendre de quoi il s'agit. Si les symptômes diffèrent, c'est pour les malades et leurs proches souvent un long calvaire médical et social aussi (tout comme pour les bipolaires, les borderline et bien d'autres qui ne rentrent pas dans les cases !).

La schizophrénie comme toutes les pathologies mentales fait peur et donc il est urgent de chasser l'ignorance qui entoure encore le sujet.

Alors plutôt que plonger dans des revues médicales ineptes, Wally Lamb a écrit sur le sujet certainement l'un de ses meilleurs romans. Je ne vous détaillerai pas la manière dont cet auteur prépare l'écriture de ses histoires mais la recherche d'une abondante documentation et sa collaboration avec de nombreux spécialistes rendent ses ouvrages on ne peut plus fiables sur les sujets évoqués. Je vous  conseille donc celui-ci sans restrition aucune !

Résumé rapide: 

Dominick et Thomas sont des jumeaux (des vrais), ils ne connaissent pas l'identité de leur père et leur mère vit avec un homme violent qui s'acharne sur Thomas, plus fragile, plus rêveur. Les deux frères grandissent sctotchés l'un à l'autre, Dominick protégeant son frère et ce, jusqu'à leur entrée à l'université. Là, Thomas montrent des comportements déroutants, des moments de replis, des incohérences dans la pensée, dans son langage. 

Jusqu'au jour où il fait irruption dans la bibliothèque de la ville et se sectionne la main afin d'attirer l'attention du président Bush sur l'absurdité d'une intervention militaire en Irak. Tomas invoque alors les versets 29 et 30 du chapitre V de l'Evangile selon Saint Mathieu et n'en démordra jamais. Son discours tient en ces quelques mots : "J'ai un pacte avec le Seigneur tout-puissant". "Thomas avait été dans le doute, disait-il, mais il était devenu Simon Pierre - le rocher sur lequel Dieu bâtirait son ordre nouveau. Il avait reçu le don et la charge de prophétiser. Il nous suffisait de l'écouter, il nous montrerait la voie." 

Le diagnostic est rapidement posé et l'internement de Thomas immédiatement prononcé. Médocs pour l'un, culpabilité pour l'autre...C'est la trame du roman.

Dominick va alors faire le récit de leur enfance, des hospitalisations en psychiatrie de son frère, de ses relations avec le milieu médical afin de protéger au mieux son jumeau (promesse faite à leur mère avant sa mort), et il devra tenter de se construire sa propre vie malgré la maladie de Thomas qu'il prend en charge et la gémellité qui les lie si fortement l'un à l'autre.

Si vous ignorez tout de la schizophrénie, de la gémellité, ce livre est éclairant. Poignant, on s'en doute, aussi.

Il gravite également autour de ces frères des personnages tout à fait attachants dont les réactions face à la maladie sont très différentes. Le sujet de la définition de la "normalité" est une question essentielle dans ce roman également.

Le style d'écriture de Wally Lamb est agréable, j'aime beaucoup.

Vous pourrez choisir également de lire d'autres ouvrages du même auteur :

                        

Le premier évoque le SSPT (le syndrome de stress post-traumatique ) en évoquant le massacre de Colombine mais également l'esclavage, l'Underground Railroad, les revendications des suffragettes... Quant au second, il y est question d'homosexualité et de pédophilie. Wally Lamb ne fait jamais dans les sujets "faciles" mais il ne fait pas non plus dans la provocation gratuite donc rien de racoleur dans tout ça. 

Attention ce sont des "pavés" mais ce sont aussi les vacances donc on peut prendre le temps d'une bonne et longue lecture.

Valérie

Cliquez:

La Puissances des vaincus (978 pages - J'ai Lu - 1998)

Le chagrin et la grâce  (984 pages - J'ai Lu - 2008)

Nous étions l'eau (896 pages - J'ai Lu - 2013)