Cas concret de situation inappropriée...

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J'attends un Chronospost dans la journée. Il est 13h45, raté, la factrice est vraisemblablement déjà passée. Ce sera pour demain. Je poursuis le cours de mes activités (brossage de dents post-déjeuner...super important !). 

Ah ! On toque à la porte. Je suis à l'étage, la bouche emplie de dentifrice. Théophile m'avertit que la factrice est postée devant notre porte, un paquet à la main. Incapable de me présenter de la sorte, je suggère à Théophile d'ouvrir et de récupérer le colis. J'ai droit à un "Hein ?". Oui, tu peux le faire ! Il me répond que non, je lui rétorque que si. Ce colis est important, il doit le récupérer. Je m'échauffe, je colle du dentifrice partout en parlant devant le miroir de la salle de bain.

Finalement, j'entends la porte s'ouvrir et mon Théophile qui a toute vitesse débite un : "Bonjour. Non, je ne sais pas signer !" (Ce qui n'est pas entièrement faux vu que pour lui signer est un acte grave, quelque chose qui l'engage et que là, il a considéré que c'était à moi et seulement à moi de signer puisque le colis m'était destiné. De plus, sa dyspraxie l'empêche de maîtriser son geste graphique. Maintenant que tout est dématérialisé et que la factrice vous demande de signer sur son smartphone, Théophile serait bien en peine de faire rentrer toute sa signature sur un si petit écran). La factrice lui demande alors s'il y a quelqu'un d'autre avec lui. Il répond tout aussi vite :" Oui, ma mère mais elle est occupée à l'étage." Et sans plus attendre, il lui claque la porte au nez juste pressé d'en finir. Fin de le discussion.

Toujours à l'étage, je lui demande s'il a récupéré le colis. Non, évidemment.

Heureusement, la factrice a attendu un peu et j'ai eu le temps de dévaler les escaliers. J'ai récupéré le dit colis et me suis excusée sans plus d'explications. 

Deux jours plus tard, je l'aperçois de nouveau, je m'excuse (encore) et lui sort tout à trac que Théophile est autiste et que bien entendu, la situation a généré un tel stress chez lui que ses réactions n'ont pas été très adaptées. Elle y va d'un "Ah, j'ai bien vu que quelque chose l'avait paniqué...". Le mot panique est presque une litote en la circonstance puisqu'il a mis une bonne demi-heure à retrouver son calme. Je l'ai vu, il était blême. Pour ne pas perdre la face, il a argué qu'il avait fermé la porte "pour ne pas laisser échapper la chaleur de la maison". Il nous a ensuite attaqués avec son traditionnel "Vous n'êtes que des climato-sceptiques !". On a l'habitude... Mais là, rien à voir, il a eu peur !

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Alors une fois apaisé, nous lui avons expliqué la façon dont il aurait dû s'y prendre (en même temps que je lui ai donné officiellement la permission de signer en mon nom pour la réception de lettres ou colis). 

"Tu as refusé de signer, ok mais ensuite tu aurais dû :

- lui proposer de rentrer dans la maison. Ainsi tu gardes la chaleur et en même temps, elle ne se gèle pas dehors (ici, il n'a pas fait plus de 0° depuis des semaines, de nuit comme de jour), et accessoirement, tu ne passes pas pour un ado désagréable (il est très soucieux de son image),

- tu la préviens que tu vas m'appeler,

- tu m'appelles (aimablement. Sous le coup d'un fort stress, des paroles malheureuses peuvent lui échapper et là, personne n'est à l'abri. Ca s'apparente à une "détente" nerveuse !),

- tu peux ensuite la saluer puis t'éloigner (ta mission étant terminée)".

Le plus simple étant que la prochaine fois...tu signes (si la personne t'y autorise - précision : il n'est pas majeur)". 

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Alors la prochaine fois, ça va rouler parce que la factrice est de mèche et que nous avons convenu de faire récupérer à Théophile le prochain colis. Informée, elle ne s'étonnera donc de rien. A moins que pris de panique à nouveau, il nous invente un autre scénario... 

La difficulté n'est pas tant les faux pas qui ne sont pas toujours compris de l'interlocuteur - et qui peuvent conduire à des interprétations pas toujours bienveillantes, c'est de diminuer progressivement cette anxiété qui s'alimente toute seule face à une situation qui sort de son cadre plus qu'habituel. Dans ces moments, il présente dans un premier temps un air totalement égaré (comme s'il s'était retrouvé dans une situation d'urgence alors que là, elle était somme toute assez banale) puis vient ensuite, la réaction inverse qui comme un détendeur qui vous revendrait à la figure après que vous avez trop tiré dessus, celle d'une certaine forme d'agressivité pour ne pas perdre tout à fait la face. Nous voudrions qu'il acquiert non pas l'aisance (faut pas rêver quand même) mais une adaptabilité minimale qui éviterait un tel stress.

Il paraît que des Asperger adultes se composent des listes de situations sociales et ils y associent les réponses adaptées. Je crois que nous en sommes arrivés là... La difficulté étant qu'il peut survenir une situation qui ne figure pas (encore) dans le "catalogue" ou alors sensiblement différente de celle décrite dans le "manuel de survie de l'autiste en société". Et patatra, des semaines et des semaines de travail réduites à néant !. Mais s'il faut en passer par là...

Je vous tiens au courant en ce qui concerne le prochan colis.

A bientôt.

LaMaman