Trouver un médecin dans le secteur est très, très compliqué ici, je l'ai déjà dit. Même un médecin généraliste...

Résultat de recherche d'images pour "medecin débordé"

Bref, on en a trouvé une aux confins du département (à 100m de chez elle, c'est la Suisse). Alors elle ne sera pas le médecin traîtant de Théophile parce qu'elle est total surbookée comme tous les généralistes du coin. Pas parce qu'on est davantage malade ici qu'ailleurs. Non, simplement parce qu'ils ne sont qu'une poignée de courageux à vouloir venir affronter le climat polaire, la neige et plus généralement, la vie dans ce "no man's land", comme aime à le rappeler l'orthophoniste de Théophile.

Résultat de recherche d'images pour "désert médical"

Alors là, pas de gros bobo, juste un renouvellement et pas l'envie d'aller à Paris juste pour une ordonnance. Sympa, cool, la médecin. Ici, tout le monde est cool d'ailleurs (mais réservé). C'est je pense, l'avantage des régions "perdues" au milieu de rien (La France "du vide" comme dit Théophile). Moins de stress donc plus cool.

Le rendez-vous est pris sur le site internet du praticien en même temps que précisé(s) en quelques lignes le(les) motif(s) de la visite. J'avais pris soin donc d'avertir que Théophile était autiste. Cela donnait au médecin la possibilité et le temps d'adapter son comportement et son discours. En clair, on lui demandait de se montrer rassurante mais pas trop intrusive. Pas de questions trop personnelles et pas trop toucher non plus !

Alors la médecin est jeune et compétente et très homéopathie... Seul hic : les plus proches homéopathes officient à Annecy ou Besançon (3h de route aller-retour pour chacun). Ici, le seul homéopathe échoué dans cette contrée ne prend plus de nouveaux patients non plus. C'est pareil pour les orthophonistes, les dentistes, les ORL, etc. Heureusement que nous ne somme pas trop "doudouilles'.

A ce stade de la consultation, nous en arrivons au sujet de l'autisme qu'elle appelle de suite la "maladie". Je vais m'apercevoir qu'elle en a une définition et une conception très "universitaire". A la question : "Et comment son autisme se manifestait-il ? Il avait des crises ? Il tapait sur tout ?..." Euh...bah non ! Il ne parlait juste pas, ne comprenait rien de ce qu'on disait, avait juste l'air d'arriver d'une autre planète, ne nous appelait pas donc, ne s'apercevait pas que les autres existaient. Mais non...pas violents pour deux sous. Juste...pas là quoi. Elle trouve qu'il parle bien maintenant (C'est sûr, faut l'entendre avec son ton très docte, c'est à mourir de rire parfois). Je préviens qu'il n'est pas Asperger. Le mot n'a même pas l'air de l'interpeller. Alors tant que j'y suis, je précise qu'il y a derrière tout ça de l'orthophonie (6 ou 7 ans maintenant), un accompagnement à domicile, un suivi scolaire sur-mesure, un suivi psychologique et psychiatrique et une guidance parentale (sur une dizaine d'années). Je vois bien que pas la moitié des composantes de cette prise en charge globale ne lui est familière. Il y a encore du boulot pour que les médecins aient une perception un peu plus "actualisée" de l'autisme. 

Résultat de recherche d'images pour "connaissance"

Bref, reparlons de l'eczéma qui rampe sur le bras de Théophile depuis plusieurs semaines. Je me fais la réflexion que c'est peut-être le premier autiste qu'elle rencontre ici (elle est jeune). L'orthophoniste avec laquelle Théo travaille depuis presque deux maintenant a accepté de le prendre parce qu'elle aime travailler avec des autistes. Il a eu de la chance...

Donc pour l'eczéma de Théophile, la médecin pense que l'autisme et le niveau de stress qu'il engendre pourraient en être la cause (sûr, j'aurais pu le trouver toute seule). Le seul contre-argument à ça est que Théophile est bien moins stressé ici (y a personne, cool pour lui !) qu'il ne l'était avant et son eczéma n'était pourtant plus apparu depuis au moins cinq années. Bref...il est presque midi, il a faim...on abrège.

Chez les généralistes, oui, l'autisme, on connaît mais on en a encore une vision très archaïque, imparfaite, partielle... Elle n'a juste pas l'air surprise que les prises en charge aient lieu encore à Paris. Et pour cause... De même qu'à la question :"As-tu des projets pour ton avenir ?", elle s'est enthousiasmée avec cette réplique : "Oui et puis après tes études, tu iras travailler !" Quand je l'ai informée que seuls 10 à 20% des autistes étaient "intégrés" dans le milieu professionnel, j'ai senti que c'était une vraie nouvelle pour elle. Et je n'ai pas précisé que dans la très grande majorité des cas, il s'agissait d'autistes Asperger pour lesquels l'expérience du milieu du travail n'était pas toujours une sinécure, loin s'en faut. 

Alors finalement j'envisage de faire le tour des généralistes du coin (au hasard des petits bobos de Théophile), enfin ceux qui voudront bien nous donner un rendez-vous. Je pourrais ainsi mieux me rendre compte de "l'état des connaissances" des praticiens en matière d'autisme. L'enquête "incognito" pourrait être drôle et riche d'enseignements à la fois.

Résultat de recherche d'images pour "sherlock holmes"

Sinon Théophile n'en a rien pensé, il était simplement content d'avoir une ordonnance pour pouvoir se débarrasser de son eczéma. C'est tout bon alors.

Ah si...il a juste tilté sur d'immenses banderoles plaquées sur la façade d'une maison en face du cabinet médical et qui disaient : "Non à l'installation d'éoliennes...Protégeons nos beaux paysages !". Projet d'éoliennes en haut de la montagne. Pourquoi pas ? Sauf que c'est un projet suisse. Conflit entre les deux régions depuis plusieurs années. Pas simple d'avoir à partager la montagne... (c'est une affaire qui a débuté en 2015, cliquez pour en savoir un peu plus). 

Bonne lecture.

LaMaman